CHAPITRE IV
Du genre et du nombre. — Règles de formation des féminins et des pluriels. ~ Parlicules de pluralité et de totalité. — Superlatifs.
En banda tous les mots sont invariables.
Le genre n'existe pas, en ce sens qu'aucun mot masculin ne se modifie lui-même pour exprimer le féminin. II n'existe que des parlicules, des aâjec^ tifs de genre, si on peut dire. Toute celle partie de la syntaxe est résumée dans les trois règles suivantes :
Règle I. — Tous les noms de végétaux et de minéraux sont neutres.
Règle IL — Pour déterminer le genre d'un animal, on fait précéder son nom de la particule okou s'il est mâle, sinon de la particule iyi,
Ex. : le chien, okou yavrou la chienne, iyi yavrou le coq, okou n'gato
la poule, iyi n'gato
In
Règle III. — Les deux genres de l'espèce humaine se rendent par cossi (homme), et yassi (femme).
Du nombre. — Il n'y a, à proprement parler, dans la langue Banda, ni singulier, ni pluriel, ni à forte raison de duel. Le pluriel ne se forme pas, non plus que le féminin, par une modification du mot singulier comme dans les langues européennes, mais par Tadjonction d'un nom de nombre ou de la locution de pluralité ou de totalité. Il y a deux cas à examiner.
a) Pluriels déterminés.
Les pluriels déterminés se forment du mot singulier auquel on ajoute le nombre d'êtres ou d'objets indiqués :
deux chevaux, m^breta bissi eux deux, ozousi bissi
eux deux
b) Pluriels indéterminés.
Les pluriels indéterminés se forment au moyen de particules, que nous appellerons particules de pluralité et de totalité.
L'idée de pluralité et de grand nombre s'exprime par la particule bangha :
Ex. : Des hommes arrivent,
A zou bangba di soucounalé.
Le pluriel indéterminé se formera avec celle particule.
Ex. : un cheval, m' breta
des chevaux, m' breta bangba;
c'est une règle générale.
L'idée de totalité est exprimée par la particule
non.
Eux deux, ouzousi bissi Eux touSy ouzousi non.
Nous, A
Nous tous, A non.
Le pluriel indéterminé se formera avec la particule non, quand il indiquera en même temps une idée de totalité.
le cheval, m' breta les chevaux, m' brela non^
Remarque. — Nous verrons à Tarticle les particularités relatives au mot A, qui est exactement le pronom on, mais qui semble déterminer les noms de tribus et qui s'entend ([uelquefois dans un sens de totalité, de collectivité.
Ex. : Un Banda : Banda
Tous les Bandas, la tribu banda : A Banda.
Superlatifs. — Tous les superlatifs d'infériorité ou de supériorité, relatifs ou absolus, s'expriment avec la particule de totalité non.
Ex. : Un homme petit, zouingué
Un homme très petit, zou ingué non,
le plus petit homme du village.
Le superlatif absolu, entraînant en même temps une idée d'admiration, de joie, de contentement, s'exprime par la particule caï.
beau, fou
magnifique, fou caî
marcher, na marcher comme Téclair, na caï partir, agou
partir le plus vite possible, agou caï
Le mot bon (fou) offre une particularité.
Le superlatif relatif est ofou.
Le superlatif absolu, qui peut se rendre par cai*, se forme surtout de la répétition illimitée du mot ofou.
bon, fou excellent, ofou le meilleur, ofou^ ofou.
Mauvais: /bî^ nini, qui n'est que le mot bon suivi de la négation, suit la même règle.