LE VERBE
Du verbe en général. — Conjugaison. — Verbes et particules : de mouvement, de vitesse et de repos.
Le verbe est le mol le plus important de la langue, il devient tour à tour, sans la moindre altération : particule, nom verbal, locution, etc.
Le verbe Banda est toujours à l'infinitif, il n'a ni genre, ni nombre, ni forme, ni déclinaison. Il est donc d'un maniement simple.
Ex. : papo (action de parler, parlai parlé, parlant, avoir parlé).
Tu viens, bo (a) na
Je suis venu, ma na
Il viendra demain, si na mombo.
Conjugaison. — Il n'y a pas, à proprement parler, de conjugaison dans cette langue, puisqu'il n'y a ni forme ni nombre. Cependant, il y a une série de particularités qu'il est bon de connaître pour comprendre au moins les indigènes : pour leur parler, on peut toujours appliquer la règle générale
et former des mots simples auxquels ils ne sont pas habitués mais qu'ils comprennent cependant.
a) Règles générales.
On exprime la forme du verbe en le faisant précéder du pronom personnel.
Ex. : je mange, ma [a) zéré
tu manges, bo (a) zéré
il mange, si [a] zéré
nous mangeons, Andji azéré
Après avoir fait ainsi conjuguer un assez grand nombre de verbes, j'ai pu m'nssurer qu'il n'y avait pas d'exception à ce principe: tous les indigènes comprenaient les verbes exprimés sous cette forme.
Cependant il y a un gros écueil : c'est que dans la langue des tams-tams, des chants, du style fleuri, du discours et souvent même dans le langage ordinaire, les indigènes complètent ou doublent le verbe d'un second verbe, d'une locution, d'une particule, indiquant une action d'être ou de faire semblable et modifiant ainsi la conjugaison simple.
Ainsi les indigènes se servent ils du verbe onaï\ marcher; ils le doubleront de sousouka^ qui signifie plus proprement : partir, 11 faudra donc entendre exactement, dans ce cas, l'action de marcher
en passant de l'état de repos au mouvement. Ils diront :
je marche, ma sousouka [a) na
tu marches, bo sousouka [a) na,.,, etc.
Au moment de la traduction, il faudra donc faire mentalement le travail de séparation des deux termes et leur donner leur valeur respective. A cet amalgame viennent s'ajouter très fréquemment les abréviations de Tusage, la prononciation; Topération est rendue difficile :
Ex. : Conjug. de papo^ parler, et de soucou soucoupapo, discourir.
Il parle, se dira : ouzou si soucou papo
qui deviendra, dans le langage courant, après déformations et abréviations déjà vues :
se secopa
Si les indigènes aiment quelquefois à floriturer, il ne faut pas oublier qu'ils emploient le plus souvent les abréviations poussées à leurs dernières limites, de telle façon que la phrase normale tend à devenir une sorte de locution usuelle.
Vous demandez :
où est le chef Romboa?
macoundji Romboa matai
on vous répondrait en banda universitaire :
ousousi ana nini
Mais le plus généralement na ni (il n'est pas venu), d'où suppression du pronom, abréviation du verbe et de la négation, et ainsi pour beaucoup d'autres verbes.
Verbes et particules de mouvement^ de vitesse et de repos, — Une locution sert à déterminer une particularité du mouvement, c'est maïy 1res fréquemment employé avec les verbes de mouvement : Nagam (ab. : na), venir. Agou, partir. Va-t'en ou viens se diront simplement Agou, Nagam ou Na. Mais si Ton dit : Viens ou va là, ici, à côté de, ailleurs, plus loin, on ajoute la particule mot qui est dans ce cas noire y ou en employé quand le but est déterminé. (Vas-y, j'en viens, etc.). Maï semble être également une particule d'attention, quelquefois même de commandement.
Agou mai na n^dacridzis : va m'attendra au magasin.
Nous ne pouvons donner un meilleur exemple des multiples fonctions de cette particule maï que quelques mots d'un tam-tam banda que voici :
A na mai paj)o se papo yigo Nagam a na an si mai za bangba yigo Nagam a na deyo zi se ga maï n'da mai.
Traduction littérale :
Partons là-bas,..
Viens, allons ailleurs,,,
partons là-bas^ à cette
case que voilà.
On peut donc dire que la particule mal ajoute au verbe une idée de direction, de but, d'éloignement, d'attente.
Verbes de repos. — Le verbe de repos : s'asseoir, se reposer, s'étendra à deux formes suivant qu'on passe de l'action de se tenir debout ou de l'action de marcher.
Dans le premier cas le verbe est : sekati dans le second : regaii.