‹ Essai sur le peuple et la langue banda (région du Tchad)Chapitre 28 sur 43 · LA NÉGATION · texte numérisé non relu

LA NÉGATION

Conjonction. — Interrogation. — Exclamation.

La négation, ou plus exacleraenl le non et le ne pas français, est exprimée en Banda par la particule nini (ab. : ni), qui se place après le mot qui la supporte.

Ex. : joli, fou

laid, fou nini

blessé, koukou

valide, koukou ni

malade, érékamaka bien portant, érékamaka ni.

Rien se traduit ^diV goûta gouni, qui sert aussi à remplacer nini,

(On ne peut donner aucune règle précise de remploi de nini ou de goûta gouni; c'est une affaire d'habitude. On peut, à la rigueur, les employer indifféremment tous les deux ; on est généralement compris.)

Pourquoi mens-lu toujours?

bo ouara olonon yigo?

Je ne mens pas, je n'aime pas mentir, ouara nini, ouara ma 'ndéné goûta gouni.

Dans le langage courant, on se sert de divei locutions formées de goûta gouni, ma' ndéné g ta gouni : je ne veux pas, je t'ai dit non, je n( donnerai rien, ça ne me plaît pas, je n'aime cela.

Conjonction.

Et. — Les indigènes se servent peu ou point la particule copulative ; ils désignent ouénumèr sans remployer.

Pa, et, ne s'emploie guère que dans la numé lion avec amana, qui signifie, à plus proprem parler, plus.

Interrogation.

Les expressions servant à l'interrogation s yigOj mata et vouko ?

Yigo signifie quoi? pourquoi? qu'y a-t-il? Il employé dans tous les cas.

que dis- tu? bo papo yigo?

zi yigo ? qu'y a-t-il?

Yigo est quelquefois remplacé par di yigo.

Ex. : Comment s'appelle ta femme?

Ire yassi na bo di yigo?

nom femme à toi lequel?

dis-moi ton nom?

iré bo dl yigo?

nom toi quel ?

Cependant celte forme n'a rien d'impératif, on dirait aussi bien : iré yassi na bo yigo ? et iré bo

yigo?

Notre locution interrogative est-ce, est-ce que? se rend également p^iryigo.

Est-ce ton enfant?

oro na bo yigo ?

enfant à toi est-ce?

Qu'est-ce que tu veux?

yigo bo ''ndéné?

Yigo se met indifféremment avant ou après le mot qui est Tobjet de Tinterrogalion. On dirait aussi bien :

Yigo bo 'ndéné que bo 'ndéné yigo?

Généralement il se place après le nom ou à la fin de la phrase.

L'interrogation française, par l'auxiliaire suivi du pronom personnel, se rend en Banda par le verbe ou le mot objet de l'interrogation, sans le secours de yigo F

Es-tu malade? boere kamaka?

Es-tu âgé? bo 'bo zou?

Mata — signifie plus exactement oà ? et se place après le nom qui est l'objet de l'interrogation.

Où est le porteur? zouzou comba mata?

Où est ma maison? n'da na ma mata?

Où vas-tu? Bo na mata?

D'où viens-tu? Bo si mata comaï?

Vouho — signifie combien?

Forme spéciale de l'interrogation. - Les indigènes, au lieu d'employer le mol yiko et d'en former une phrase interrogalive, font, comme nous le faisons quelquefois, une phrase ordinaire auxquels ils donnent le ton de Tinterrogalion.

Nous employons continuellement celle forme.

Ex. : 11 vient? pour vient-il?

Tu veux? pour veux-tu?

Les Bandas fonl de même.

Ex. : Esl-ce que les Bandas achèlenl une femme avec un fusil? ils commencenl la phrase par ma pa (moi dire), en supprimant Tinlerrogalion.

ma pa Banda se yo oûo de yassi?

au lieu de :

Banda si yo oûo dé yassi yigo?

Celle forme est cependant peu fréquente..

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