‹ Essai Sur Le Pneumothorax Artificiel Bilatéral Et SimultanéChapitre 16 sur 49 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LE PNEUMOTHORAX DOUBLE SIMULTANÉ AU COURS DES FORMES BILATÉRALES D'EMBLÉE

L’idée de pratiquer le double collapsus pulmonaire au cours des processus tuberculeux des deux poumons n'est pas nouvelle. En 1913, MARAGLIANO avait déjà tenté pareille intervention. De sa technique, nous ne savons rien : mais les résultats publiés sont loin d’être brillants puisque sur six tentalives il a enregistré trois morts, dont l’une immédiate. En 1914, FaGuiorr, assistant d’Ascoi, fit connaître ies résullats de r2 tentatives analogues dans des cas bilatéraux aigus, avec 3 succes. Mais ces observations ne furent pas renouvelées et le silence qui s’est fait à leur sujet depuis leur publication permet de croire que les résultats éloignés ne furent guère salisfaisants.

L’indication type, dans le cas qui nous occupe, c'est la lobite bilatérale d'emblée. Cette forme anatomique se rencontre rarement dans la pratique, tout au moins

au même stade évolutif des deux côtés. Nous savons que ces localisations à topographie lobaire ou pseudolobaire se prêtent de préférence à l’électivilé surtout lorsqu'elles sont jeunes.

Mais en dehors d’elles, le double collapsus peut être tenté au cours de formes bilatérales dans tous les cas où le champ d’hématose est suffisamment respecté, et où Pétat général du malade est encore satisfaisant.

Deux cas sont à considérer :

1° Les lésions sont bilatérales, mais évolutivement unilatérales (Obs. XIV).

C'est le cas le plus fréquent. Si la tuberculose pulmonaire est très rapidement multiple dans ses localisations parenchymateuses, du moins reste-t-elle longtemps au stade de maladie locale, Au fur et à mesure que nos moyens d'investigation se perfeclionnent, nous ne constatons pour ainsidire jamais l’unilatéralité vraie des lésions pulmonaires (dont l'anatomie pathologique avait déjà montré la rareté). Dans l'étude du choix des indications du pneumothorax unilatéral classique, la règle de l’unilatéralité vraie a dû faire place, comme l’a montré Dumaresr, au principe de l’unitéralité évolutive. En fait, lorsqu'on se trouve en présence de malades un peu anciens, porteurs de formes fibro-caséeuses banales, le pneumothorax arlificiel est destiné à combattre un danger unilatéral du moins pour l'instant, mais bilatéral anatomiquement,.

La meilleure technique nous parait être un pneumothorax de détente précoce, dirigé sur la menace immédiate,

en recherchant une bonne électivité d'emblée, si possible, avec une surveillance minutieuse du côté opposé,de façon à intervenir dès la confirmation d’une bilatéralisation effective.

2° Les lésions sont bilatérales évolutives (Obs. VIII-X- XI-XIH-XITI-X V-XVII-XVHI-XIX).

D'une manière très générale, le double pneumothorax artificiel de détente est justifié dans les formes bilatéralesévolutives d’emblée,à topographie lobaire,sans complications intestinales ou laryngées.L’existence de processus ulcératifs de chaque côté,n’est pas une contre-indication, puisque la plupart des malades dont les observations

suivent étaient porteurs de lobites largement excavées.

Par quel côté convient-il de commencer ? Autant que possible par le poumon présentant les lésions les plus jeunes, de manière à limiter leur extension immédiate, accroître les chances d’électivilé initiale, et aussi parce que les lésions déjà évoluées sont moins susceptibles d’être influencées par le premier pneumothorax.

Quand on en a le temps, il vaut mieux espacer de quelques semaines les deux séances opératoires, ce qui permet d'espérer la réalisation d'un pneumothoraxélectif inilial. Mais, en pareil cas, il ne faut pas compter sur le bénéfice de délais favorables. Nous avons vu le décollement pleural être suivi (coïncidence ou rapport de cause à effet, nous ne saurions le dire) d’une extension immédiate des lésions symétriques. Rien ne s'oppose, en principe, à ce que les deux interventions soient pratiquées à très court intervalle, du moment que l’on borne

leur action à un simple effet de détente. Il ne nous à Pas paru que cette technique soit un facteur d'aggravation opératoire, ni de complications plus fréquentes : elle est bien tolérée du malade, et présente l'immense avantage de sauvegarder de bonne heure la liberté des surfaces pleurales.

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