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pouvons influencer mécaniquement ces processus spontanés de défense, et suppléer, en quelque sorte, à certains facteurs de résistance locale qui se montrent défail- Jants. A ce point de vue, mention doit être faite des processus rétracliles de cicatrisation, dont le libre jeu est entravé par les connexions anatomiques du poumon. En levant l’obstacle périphérique, nous modifions du tout au lout l’étal anatomique lésionnel et nous permettons à l’élasticité et à la rétractililé pulmonaire de se manifester de manière intégrale et rapide. C’est encore par une lente modification anatomique qu'il faut concevoir l’effet bienfaisant de l’oléothorax compressif, qui «réduit » mécaniquement, et atélectasie de manière définitive une cavilé béante dans un moignon figé et
irrétractile.
Cependant le pronostic si redoutable de la tuberculose pulmonaire n’est pas dû toujours à la déficience des seuls processus de défense histologiques : telle cavité ancienne, solidement enchâssée dans une gangue fibroscléreuse, peut demeurer stationnaire pendant des années, sans apporter d'autre trouble qu'une expectoralion abondante. La résistance locale est bonne, la lésion ne manifeste aucune tendance extensive.Cependant l’avenir du sujet demeure des plus précaires, parce qu'il reste Sous la menace constante d’une réinfection endogène.
On s’est rendu compte que l’évolution redoutable de la tuberculose pulmonaire n’était pas due à la lente intoxication de l'organisme par un foyer localisé, et encore moins à une réduction, même importante, du
champ respiratoire, mais à l'existence, en plein poumon, d'une source inépuisable de matériel infectant, qui engendre l'extension indéfinie des dégâts.
Telle forme, avons-nous dit, anatomiquement bénigne à l’origine, telle ulcéro-fibreuse torpide du sommet par exemple, entrelient une expectoration bacillifère et doit être rendue responsable des poussées successives, plus où moins étendues, plus ou moins évolutives, qui éclatent à intervalles espacés et finissent par entrainer d'énormes délabrements. Telle caverne de la base, cliniquement silencieuse, est l'amorce d’une flambée pneumonique qui peut envahir d’emblée tout un lobe. Le très grand intérêt des travaux récents sur les cavernes mueltes ne réside pas seulement à notre sens, dans certaines discussions doctrinales relatives à la valeur comparée de nos moyens d'investigation ; mais ces recherches ont eu une portée pratique considérable parce qu’elles ont montré l'extrême gravité et Pextrême précocité de certains processus cavitaires, décelables par le seul recours de la radiologie, et qui sont à l’origine de poussées récidivantes indéfinies. La surveillance radiographique des cracheurs de bacilles permanents, est, à ce point de vue, pleine d'enseignements : à l’occasion d’une poussée banale de rhino-pharyngite, d’une fatigue, la température monte brusquement à 39°, 39°, », reste décalée pendant quelques jours,puis revient à la normale. L'expecloration s'élève, devient double, triple, en même temps que sur le film apparaît un cercle régulier, aux bords minces, tracé à l’emportepièce dans le parenchyme clair périphérique : une nou-
velle cavité vient d’apparaître, «caverne fille » pourraiton dire, peu évolutive souvent, mais qui contribuera par la suite à l’envahissement du territoire bronchique avoisinant, Qu'il s'agisse de tuberculose pneumonique ou de tuberculose nodulaire, le fait capital est que tout ensemencement du parenchyme sain, toute poussée évolutive franche chez un malade porteur de lésions fibrocaséeuses chroniques, se traduit en fin de compte presque toujours par une nouvelle perte de substance, ellemême génératrice de bacilles. Ce qui caractérise la phlisie de l’adulte, c'est sa tendance nécrotique caséogène, et son extension par voie bronchique.
Nous développerons ces points, en étudiant les facieurs de bilatéralisation.
En résumé, dans tous les épisodes de la phtisie chronique, qu’il s’agisse de Pévolution locale ou des manifestations évolutives à distance, nous voyons s'affirmer, avec une remarquable unité, l’imporlance prépondérante des facleurs analomiques. Aussi assislons-nous, depuis vingt ans, à un vérilable bouleversement de la technique phlisiologique, qui parait s'orienter définitivement dans le sens d'interventions directes portant sur la lésion causale. Nos disciplines de travail visent à un seul résul{al : l'exclusion anatomo physiologique des foyers tuberculeux.
Tel est le but des méthodes collapsothérapiques. Nous
essaierons au cours des pages qui suivent d'en dégager le mécanisme.