CHAPITRE PREMIER
composé lui-même de quatre doyennés ecclésiastiques : Lanouée, Montfort, Beignon, Lohéac (le premier seul faisait partie de la vicomte de Porhoët). La troisième circonscription était le doyenné de Porhoët du diocèse de Vannes, borné au nord par rOut (Oust), à l'ouest par le Blavet, au sud par la Claie et le Loch. A part cinq petites trêves ou paroisses, ce doyenné était entièrement compris dans le territoire de la vicomte de Rohan ou dans celui de la vicomte de Porhoët.
Guéthenoc apparaît à l'histoire vers 1008 comme vicomte de Porhoët. Le prince voulant édifier un château digne du nom qu'il portait et sans doute aussi attiré par les vertus d'une statue de la Vierge, qui provoquait déjà la vénération des populations environnantes, résolut d'abandonner la paroisse de Guilliers, où il habitait la modeste demeure de Château-Thro (t), pour descendre un peu au sud,
(1) M. de la Borderie qualifie un peu irrévérencieusement Château- Thro de « Méchante bicoque ».
M. Piéderrière écrit en 1872 que les ruines de Château-Thro subsistent encore, aujourd'hui on ne voit que les traces des douves.
Le château s'élevait sur un promontoire qui s'avançait dans un étang. Assis sur un roc de 10 mètres de hauteur qui le rendait à peu près inabordable, il était défendu du côté de la terre par des fossés profonds. Naturellement depuis Guéthenoc le château fut reconstruit plusieurs fois, il avait donné son nom à une famille qui se retrouve jusqu'à ia>fin du moyen âge.
10 ESSAI suit Li: POl'.Iloi.T.
sur 1rs hords (\r IDust. I*i*ès de la rhajx'llo iiieino, où ('tait vénérée cotte Vierge, découverte dans un buisson (!<' ronces, la natur(; avait dressé, à pic sur la i-ivière, un rocher inaccessible. C'est sur ce rocher (jue Ouéthenoc jeta les bases de son nouveau chAteau.
Rien ne révèle, avant cette époque, l'existence d'une ville en cet endroit.
Une tradition, qui n'est soutenue d'aucun titre, porte qu'avant l'invention de l'effigie miraculeuse, cette paroisse qu'on baptisa plus tard, comme le château, du nom d'un de ses seigneurs, était dédiée à saint Léger. » Quoi qu'il en soit, nous dit Levot à propos de cette tradition, elle paraît aussi ancienne que la ville même, dont l'origine se perd dans l'obscurité du x'' siècle. »
Nous n'avons aucune affirmation précise sur l'époque de la découverte de la Vierge, que, dit-on, un pauvre laboureur défrichant une terre inculte avait trouvée au milieu des ronces, pieux débris sans doute d'un sanctuaire depuis longtemps ruiné. L'auteur que nous citions tout à l'heure la fait remonter au x^ ou au xi^ siècle. Un carme du xvir siècle, le Père I. de I. M. (1) qui a laissé un
(1) Irénée de Joseph Marie, croit-on, qui vivait en 1660.