‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 9 sur 113 · CHAPITRE PREMIER. \ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. \ô

Cartîilaire de Redon relative au ix« siècle le même historien a relevé lui-même huit ou dix fois Pou/rocoët contre une fois Pou/r^coet. Elle est intentionnelle et à n'en pas douter l'expression exacte de Pagns trans sy/vam. En effet, dans une démonstration philologique, M. Loth, le savant doyen de la Faculté des Lettres de Rennes, prouve de façon certaine que la forme ancienne du mot Porhoët a été Poutroscoët, la préposition trawo, tros, en gallois, répondant au breton actuel tveit^^ à travers (1).

Poutrocoët devrait donc être, dans l'usage, substitué à Poutrecoct.

La signification de Pag us prête moins ici à la discussion (2). Le Pagns ^ primitivement division de la Civitas, ne fut guère appliqué en Bretagne, à partir du v** siècle, qu'à une portion du pays souvent indéterminée et d'étendue variable. Si l'on trouve cette expression prise pour désigner la souveraineté d'un seigneur, comme dans pagns Giieroci,, pays de Guerech (chef du Vannetais occidental au vi^ siècle), plus ordinairement, pagns est une dénomination topographique qui n'a qu'un sens vrai, celui de pays : Pagus Rencisii^ P^^ys de Rhuis ; pngus Ratensls^ P^ys de Retz.

(1) Revue Celtique, t. XYII, 1896.

(2) Bien qu'en général le sens en soit très variable.

Plus tard, Traiifi-Sylvam devient nom propre (1) (La Transylvanie); ce n'est déjà plus alors une région quelconque, c'est la division provinciale qui deviendra Comté. PoutrocoT't ou Poutrecoët, ordinairement adopté au x^ siècle, a été adouci peu à peu, comme beaucoup d'autres noms bretons, et a dégénéré successivement dans ceux de Potrocoet, Porcoët, Porlioct (2), qui subsiste définitivement seul au xiH*' siècle. Nous nous en tiendrons à cette orthographe consacrée par Thistoire.

Le nom de Porhoët se conserva pendant tout le moyen âge, appliqué à trois circonscriptions importantes formées sur le territoire même que la forêt avait couverte. L'une de ces circonscriptions était féodale, les deux autres ecclésiastiques.

Nous avons déjà vu le comte de Rennes constituer la vicomte de Porhoët et tailler dans la partie orientale de l'ancien Poutrocoët divers fiefs. Ceux-ci : Gaël, Montfort, Lohéac, Maure, Malestroit, Ploërmel, et tout le nord de la vicomte formèrent la partie méridionale de révêchéd'Alethquifutl'archidiaconé de Porhoët,

(1) Factum est hoc in pago Trans-sylvain in aida qux vocatur campe — D. M., Pr.^ t. I, 304.

(2) Si l'on veut suivre Taltération complète, l'on remarquera encore Porrehoït, Podrohoït, Porehet, Poreeth, Porrehodium, Porzenquoët, Pourhouet, Porhoit, qui du reste sont employés souvent de pair avec Porhoët.

Page 1