‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 11 sur 113 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Opuscule intitulé : Le lis fleurissant parmi les épines^ est moins vague et précise même Tannée, 808, « longtemps, dit-il, avant la fondation de Josselin. »

11 doit être sérieusement tenu compte de cette donnée. Le Père I. de I. est le plus ancien auteur qui se soit attaché à l'étude de cette dévotion, ses paroles nous paraissent dignes de foi, émanant d'un religieux et du reste aucun texte ne vient à l'encontre de ses dires.

La tradition de saint Léger ; la croyance à la Vierge du Roncier, remontant à la plus haute antiquité et j'ajouterai, le terme même de « Vêtus suburbium » employé par le comte Josselin dans la charte de Sainte-Croix nous font donc considérer comme certaine, l'existence, en ce lieu choisi par Guéthenoc pour devenir la résidence seigneuriale de Porhoët, sinon d'une ville, du moins d'un groupement plus ou moins considérable, peut-être même d'un plou. L'emplacement, pour ainsi dire à l'intersection des deux grandes voies romaines : Sipia- Castelnoec et Vannes-Merdrignac et près de cette route naturelle, l'Oust, en était du reste tout indiqué.

Nos ancêtres, imbus d'une foi vive et saine, considéraient que la Providence devait présider à tout acte important et que la protection d'En-Haut, était une sauvegarde pour le présent et l'avenir. C'est

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pourquoi, l'an 1008, le vicomte de Forhoët en (leniandanlaux religieux (1(3 Saint-Sauveur de Redon leur consentement pour fonder son chilteau, parce (|ue, dit-il : « il n'y a (jue les plantations faites par Dieu qui soient d'une attache solide au sol, » lit présent au monastère d'une table d'argent doré (1), se recommanda aux prières des moines, et choisit leur église comme lieu de sépulture ; il décida que le château qu'il allait construire serait soumis à l'autorité spirituelle de l'église de Saint-Sauveur de Redon, et qu'il paierait à cette dernière un cens annuel de cinq sous ; déclara enfin que si le nouveau château était dans l'avenir suffisamment agrandi pour recevoir un prieuré, ce prieuré ne pourrait dépendre que de l'abbaye de Saint - Sauveur (2). Toutes ces dispositions furent prises dans l'église de Saint-Sauveur et plus tard confirmées en présence du peuple. Le dimanche suivant l'on planta le premier pieu pour la construction, et l'emplacement même de la chapelle dont la fondation était promise à Saint-Sauveur fut désigné.

Appuyée sur de telles garanties, la destinée de Josselin était assurée. Des fortifications inébran-

(1) Autrement dit, d'un retable ou devant d'autel en vermeil, comme le fameux autel d'or, donné par l'empereur Henri II à la cathédrale de Bâle, aujourd'hui au musée de Cluny.

(2) Extrait du Cartu'aire de Redon. Dom ^Iorice^ Preuves, l, col. S6\.

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