CHAPITRE II
La Ville de Josselin au xii'' siècle. — Le Porhoët
ET SON démembrement, LA ViCOMTÉ DE ROHAN. — EUDON II ET LA GUERRE DE SUCCESSION. SoN FILS
EuDON m (1142-1231.)
Au milieu du xii" siècle, la ville de Josselin était déjà entièrement formée. La nouvelle capitale du Porhoët, grâce aux fondations religieuses et au développement croissant de la petite cour, grandit rapidement. Elle comprit tout d'abord une ville close, défendue par de puissantes murailles garnies de tours ; puis, vu Texiguïté de la forteresse, les habitations ne tardèrent pas à déborder de l'enceinte, différents faubourgs s'étendirent au dehors des murailles et même franchirent TOust.
Le quartier de Sainte-Croix avait pris naissance ainsi de l'autre côté de la rivière.
Son extension date surtout de la fondation du Prieuré. De nombreux moines y furent envoyés et
réglise devint paroisse, (^elle (jui existe encore aujourd'hui a été construite au xi'' siècle (1). C'est un édifice en forme de cioix latine, dont le bras sud a été supprimé ; la construction est en petit appareil irrégulier ; les contreforts sont peu saillants, les portes et les arcades en plein cintre ; les fenêtres, hautes et étroites, sont évasées à Tintérieur (2). Eudon I et Anne de Léon, son épouse, y furent inhumés la même année (1092). Ce seigneur de Porhoët, qui avait fait de nombreuses libéralités aux moines, obtint de l'évêque de Vannes l'autorisation d'y faire dire la messe, même en temps d'interdit général. L'église conservait une belle relique de la vraie croix qui s'y trouve encore.
Il faut bien savoir, pour comprendre l'histoire de Josselin, qu'au moyen âge les divisions diocésaines ne concordaient pas avec la délimitation des grands fiefs et différaient le plus souvent des circonscriptions domaniales et judiciaires. Ces divisions séparaient parfois un fîef en plusieurs tronçons. Les évêchés de Vannes et d'Aleth étaient séparés par
(1) On retrouve sur un pilier la date rafraîchie de 1030, mais comme la fondation du prieuré est de 1059 environ, c'est bien plutôt 1060 qu'il aurait fallu mettre. Cette inscription est sans aucun doute postérieure à l'édification de l'église et aussi inexacte que celle qui se voyait à Saint-Nicolas,
(2) RosENzwKiG, Répertoire archéologique.
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