CHAPITRE II
rOust et par une ligne reliant approximativement Malestroit au Temple de Carentoir, et le Temple à Langon. Le diocèse d'Aleth, dont l'évêque avait une résidence d'été et une cour de regaires à Saint-Malo de Beignon (1), comprenait la plus grande partie du pays connu sous le nom de Porhoët ; et c'est sans doute pour cette raison qu'on donnait fréquemment au ix° siècle à l'évêque d'Aleth la qualification d' « episcopiis in Poutrecoet » (2). Mais, ce qui arrivait plus rarement, c'est que l'administration ecélésiastique vint, comme à Josselin, séparer en deux les intérêts religieux d'une même ville. L'Oust, en efïet, servant de limite entre les deux évêchés, Sainte-Croix était sous la dépendance de Vannes, et la ville proprement dite de Josselin se trouvait sur le territoire de l'évêché d'Aleth. Qu'il s'agisse de Sainte-Croix ou d'une des autres paroisses de Josselin, tantôt c'est un évêque, tantôt l'autre qui intervient. Pour la même raison, le vicaire perpétuel de Sainte-Croix n'eut jamais droit de juridiction sur
(1) Il pouvait donc, même avant le transfert du siège épiscopal à Saint-Malo -sur-Mer, prendre le titre d'évéque d'Aleih ou de Saint- Malo. — La vieille ville d'Aleth se confondit avec Saint-Servan. — Le Regaire est une seigneurie temporelle.
(2) Comme il ressort de certaines chartes de l'abbaye de Redon : Erinor episcopus in Poutrecouet. . .
In Aleta civilale Rethwalavt episcopus in Potrocoët. . . Les évéques d'Aleth se qualifièrent ainsi jusqu'au démembrement que fit Nominoë vers 847.
Notre-Dame. Cette division devait subsister jusqu'A la Révolution.
Hors des murs, du côté du nord-ouest, Saint- Martin, nouvelle paroisse, couronnait le sommet de la pente qui dévale vers la rivière. Comme nous Tavons vu précédemment, Josselin II avait installé dans ce monastère des moines de Marmoutiers. Le prieur Raoul, en 1108, reçut du fondateur le quart de l'église de ?s^otre-Dame du Roncier et en devint ainsi co-recteur. Benoît, évêque d'Aleth, ratifia ce don en 1110, et Guillaume, abbé de Marmoutiers, à la demande du vicomte de Porhoët, y transféra des reliques saintes prises au monastère abbatial, entre autres « les reliques de la Croix divine, et des ossements de saint Corentin, évêque ; Flavien, martyr, et des saints évoques Fulgence et Samson, et de saint Martin, abbé (l). » La cérémonie eut lieu l'année 1112 en grande solennité. Les Porhoët, et même de simples ecclésiastiques, prodiguèrent les donations au prieuré de Saint-Martin, qui devint le plus florissant de la ville. Pour n'indiquer que les principales, signalons les dîmes et autres biens qu'il reçut graduellement à Credin (2), Guillac, à Rohan où le vicomte Alain, en 1127, concède aux moines
(2) Donation de l'Eglise, 1116.