CHAPITRE II
le bourg situé devant la porte de son nouveau château de Rohan, à condition d'y faire une église et un cimetière » ; à Molac (1), la Perrière, Lantenac (2), qui s'enrichit d'une abbaye créée par Eudon en 1149; à Ménéac (3), Lanouée (4), Guer (5)..., etc. Conan, duc de Bretagne, leur abandonne, en 1129, les droits qu'il perçoit à Ploërmel. Eudon K, de Porhoët, l'an I1G4, accorde aux mêmes religieux le droit de bouteillage dans le port de Vannes (G). Cette ville leur fournissait déjà une taxe sur la vente de l'avoine et de la volaille.
Le zèle dont firent preuve les comtes de Porhoët pour multiplier les étajilissements religieux et soutenir leurs fondations ne doit pas nous surprendre. Les moines étaient les seuls éducateurs de cette population primitive. Par eux, en Bretagne, comme dans toute la France, se préparait le beau mouvement agricole, artistique et littéraire des xu*^ et
(1) Don des églises de Saint-Cyr et de Sainte-Juliette, 1116.
(2) Chapelles à la Ferrière et à Lantenac.
(3) Eglise.
(4) Différentes terres, chapelle et église.
(5) Chapelle de Saint Nicolas et un tiers de l'église donné par Donald, évéque d'Aleth, 1124 et 1131.
(6) Le droit de bouteillage était d'un grand revenu. Il se levait sur la vente des vins et des autres boissons, telles que bière, hydromelle, piment et cidre. Outre les vins que l'on tirait d'Anjou et des autres provinces françaises, la Bretagne avait les siens. On en cultivait aux environs de Rennes, Montfort, Dol, Dinan, Fougères, etc.
32 ESSAI SUK LK l'OHUOÏ'.T.
XIII' siècles. Les iioirihi'eux dons faits à Jossoliri prouvent coiiibieu les seigneurs de l*orlioët s'intéressaient à la prospérité de leur nouvelle résidence.
L'église de Saint-Martin, bâtie au xii* siècle avec de vastes proportions, avait la forme d'une croix latine avec quatre absidiales. Il ne reste aujourd'liui que le bras sud et le chœur tronqué, mais les arrachements de l'ancienne nef permettent d'en mesurer la largeur. Les fenêtres sont hautes et étroites, légèrement évasées à l'intérieur ; les contreforts simples et peu saillants.
C'est là que furent ensevelis le comte Eudon II (11 80), plus tard son fils Eudon 111 (1231) et plusieurs membres de leurs familles.
Le couvent touchait à l'église et renfermait un nombre respectable de religieux. Le Prieur était à la fois chef de la communauté et recteur du faubourg.
Bien que la date de fondation de Saint-Nicolas nous soit inconnue, l'existence de ce prieuré est certaine, à l'époque qui nous occupe. Saint-Nicolas, situé dans le faubourg de ce nom, au sud-est de Josselin, dépendait de l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys. Le prieur ici également était chef de la communauté et du quartier. L'église était près du cimetière actuel de la ville, elle disparut au commencement du XIX' siècle.