CHAPITRE II
qui a subsisté jusqu'à la Révolution et dont les restes imposants sont parvenus jusqu'à nous. L'on n'a pu découvrir jusqu'à présentie véritable fondateur de l'abbaye des Chanoines réguliers de Saint- Jean des Prés (1), parce que les archives de cette maison ont malheureusement été détruites, mais il y a tout lieu de croire qu'elle doit son origine à un vicomte de Porhoët, probablement à Eudon II, qui commanda momentanément sur la Bretagne. Dom Taillandier, continuateur de Dom Morice, critique judicieusement ceux qui l'attribuent à Henri II, roi d'Angleterre, ou à Geoffroi, son fils, qui ruinèrent en 1168 et 1175 la ville et le château de Josselin. JNous produisons à la fin de ce travail la série des abbés qui se succédèrent à Saint-Jean des Prés telle que nous l'a livrée un manuscrit de la Bibliothèque Nationale ; cette liste a malheureusement des lacunes importantes.
De cette abbaye dépendaient les paroisses de Guillac, La Croix Helléan, Guilliers, Mohon, Ménéac, Loyat, Pommeleuc, Coctbugat et Saint-Michel de Josselin. L'abbé présentait des religieux pour desservir ces paroisses et l'évêque diocésain les instituait. Chacun de ces prieurs recteurs percevait la dîme
(1) Chanoines réguliers génovéfains de la congrégation de France.
36 ESSAI SUR LK l'OHUOlÔT.
dans sa [)ar()iss(^, prélovait co (jui lui était nécessaire et envoyait le reste, quand il y en avait, à la communauté.
Nous n'avons aucun document nous permettant de conjectures de la population de Josselin au milieu du xii^ siècle. Cependant il nous reste acquis qu'à cette époque, Josselin, capitale du comté de Porhoët, avait une réelle importance. Aussi ne faut-il pas s'étonner que cette forteresse, qui incarnait pour ainsi dire la puissance de ses seigneurs, subit dès la guerre de Succession de nombreuses attaques.
Le beau royaume de Guéthenoc, ainsi transformé sous l'habile direction de ses successeurs, devait être malheureusement horriblement mutilé , ou plus justement, scindé en deux.
Geoffroi I", voulant donner un apanage à son frère Alain, lui céda, en l'an 1120, toute la partie du Porhoët située à l'ouest de la rivière d'Oust, moins une douzaine de paroisses au sud de Josselin, qu'il se réserva, ainsi que toute la partie située à l'est de rOust, entre cette rivière et les seigneuries de Gaël, Ploërmel, Malestroit (1).
(1) Les Rohan eurent parfois des intérêts en dehors de leur Vicomte. Alain IV acquiert, en 1155, par voie d échange, de Boyer de la Touche, diiférentes terres dans la paroisse de Plumieuc et le