‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 21 sur 113 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Alain résida d'abord quelque temps sur le Blavet, à Castel Noëc (aujourd'hui Castennec en Bieuzi) (1), dans les ruines d'une vieille forteresse romaine ; puis il remonta au nord et vint, lui aussi, construire sur l'Oust sa nouvelle capitale, le château de Rohan, qui donna son nom au fîef entier, célèbre dans notre histoire sous le titre de vicomte de Rohan, tandis que celui de comté de Porhoët resta exclusivement attaché à la portion que s'était réservée Geoffroi (2). Cette portion était moins étendue, d'un quart au moins, que l'apanage d'Alain (3), mais elle était plus fertile et plus peuplée ; c'est sous le gouvernement des Rohan que la région quasi

prieuré de Bodieuc situés dans le domaine de Porhoët. — Quelques années plus tard (1221), le comte Kudon III donne à Alain IV, vicomte de Rohan, en récompense de services rendus, la paroisse de Mohon, l'usage du bois dans la forêt pour le château de Bodieuc et le pacage pour 100 porcs et 100 bœufs dans la même forêt. Au moment des partages en 1241, Mohon repassa aux mains du comte de Porhoët (alors Raoul de Fougères).

(1) Les traces de l'enceinte sont reconnaissables encore maintenant. Le château fut bâti sur la position exacte de la station romaine appelée Sulis et dominait d'une façon formidable la vallée du Blavet. Castel Noëc ne resta guère que pendant trente ans la résidence de celui qui s'appela bientôt le vice-comes de Rohan.

(3) Un « Mémoire du vicomte de Rohan ^> rédigé en 1479 attribue pour cette époque, à la vicomte de Rohan, 112 paroisses ou trêves et 52 au comté de Porhoët. D'après la Borderie, des calculs faits par lui sur des aveux déposés à Nantes et sur d'autres tilres anciens, donnent pour résultats deux chilïres un peu différents, soit 59 pour Porhoët et 81 seulement pour Rohan.

38 ESSAI suj< \.K l'oniroiVr.

déserte, située aii-dclà de l'Oust, s'est couverte de cultures et (rhal)itaiits.

Les Rohan taillèrent eux-njênies dans leur vicomte plusieurs fiefs considérables, un entre autres, fort important, vers l'angle sud-ouest, constitué dès le xii^ siècle (1), appelé d'abord, du nom de son premier possesseur, Kemenet-Guégan, c'est-à-dire fief de (ïuégan, puis Guémené-Guingan, et devenu enfin en 1570 la principauté de Guémené.

Au xv° siècle la vicomte de Rohan était divisée en trois châtellenies : Rohan, Goarec, Corlay. Cette dernière fut distraite le siècle suivant en faveur de la branche Rohan Guémené ; on détacha encore dans le même but des portions considérables de Rohan et de Goarec. Aussi, lorsqu'en 1603 la vicomte fut érigée en duché, lui annexa-t-on par compensation la châtellenie de la Chèze, prise au comté de Porhoët (2).

Alain, frère de GeofFroi, devait être la souche d'une illustre famille, qui fournit plus d'une gloire

(1) D.iM., P., I, 638.

(2) La. Borderie, Géographie féodale de la Bretagne.

Enfin au xviii« siècle, le duché de Rohan comprenait six membres ou juridictions particulières : Pontivy, Rohan, La Trinité P., La Ghèze, Loudéac, Goarec, renfermant 40 paroisses.

Il était borné au sud par le ressort de la juridiction royale d'Auray, à l'ouest et au nord par la seigneurie de Rohan Guémené et le duché de Penthièvre, à l'est par le comté de Porhoët.

Page 1