CHAPITRE II
i\ notre histoire et dont la lignée survit encore à tant de siècles.
Eudon, comte de Porlioët (depuis cette époque le titre de Comte prédomine) , deuxième du nom , neveu de Josselin II, avait épousé (1146) Berthe, fille et héritière de Conan III (1), veuve d'Alain le Noir, comte de Richemont. Cette alliance lui eût assuré le duché de Bretagne, si cependant Berthe, de son premier mariage, n'avait eu un fils. Dès la mort de son beau-père, Eudon établit ses prétentions à la succession. L'héritage lui fut tout d'abord contesté par Hoël, fils désavoué de Conan III, et le bâtard, malgré sa flétrissure , appuyé par les villes de Nantes et de Quimper, marcha contre Eudon, que la majeure partie de la Bretagne, avec Rennes, avait reconnu comme duc. Les deux adversaires en vinrent aux mains et Hoël fut vaincu à la bataille de Rezé, en 1154.
Le calme semblait rétabli lorsqu'un nouveau compétiteur, Conan, issu du premier mariage de Berthe, vint bientôt évincer les deux autres, se posant en prétendant légitime. Il ne fut pas long à
(l) Petite-fille également de Henri I, roi d'Angleterre.
rallier un i)arti considriahlc .M.iis IjkIoii (jui avait goûté de la souveraine puissance, ne voulnt pas se dessaisir du pouvoii* rt icfnsa de leconnaître les droits de son beau-fils. L'jie lutte terril)le s'en suivit, guerre de ruine et d'extermination qui jeta la Bretagne dans une révolution de plus dun demi-siècle et dont la pire conséquence fut d'attirer sur la province la domination étrangère. Les seigneurs bretons se divisèrent en deux partis : Conan, trop faible pour se mesurer avec un aussi puissant rival que le comte de Porhoët, commit cette faute qui aurait dû à tout jamais le rendre indigne de l'appui des Bretons : il appela l'Angleterre à son aide.
Henri II, prince aussi ambitieux que fourbe, ne tarda pas à entrer en lice. Dès cet instant, ne conçutil pas le projet de rattacher à sa souveraineté cette jolie province, dont on lui offrait la conquête, et d'ajouter ce beau fleuron à sa couronne ! S'il ne put, comme il le rêvait, jouer lui-même jusqu'au bout le rôle du troisième larron, du moins réussitil à unir l'un de ses fils à Constance, iîlle de Conan IV et héritière du duché. Geoffroi fut le premier étranger
qui s'assit sur le trône de Bretagne.
11 serait trop long d'entrer dans les détails de la
lutte ; nous en indiquerons seulement les faits principaux.