‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 33 sur 113 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Quel fut le sort du Porhoët et de ses seigneurs durant cette période désastreuse?

Bien que l'histoire ne se soit pas attachée au rôle joué par le comte d'Alençon, il n'est pas douteux que dès le premier signal, les soldats de Porhoët se rallièrent aux couleurs de Charles de Blois, le protégé et l'allié de Philippe de Yalois.

D'un sang bouillant et généreux, et comme nous les avons déjà vus, ne marchandant pas les coups d'estoc et de hache, que de défis ils durent jeter par-dessus les murs d'Hennebont, à leurs vieux ennemis, les Anglais ; mais aussi quels ravages dans leurs rangs ne durent pas faire les sorties furieuses comme celles de Gauthier de Mauny et Robert d'Artois. « Là put-on voir, de part et d'autre, belles incursions, belles rescousses, beaux faits d'armes et belles prouesses à grand foison, dit le chroniqueur. »

La perte de Vannes exaspéra le souverain anglais, qui pour se venger vint lui-même conduire la guerre. 11 fit armer « grand amas d'hommes et de vaisseaux », prit terre à Brest, et allant droit au cœur du pays, saccagea Rohan, Pontivy, Ploërmel et Josselin, bien entendu. Le Porhoët, comme du reste toute la Bretagne, subit les ravages du fléau.

Nous ne suivrons pas les gens du Porhoët dans

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cette longues clievaucliée guerrière ; il faudrait retracer ici toutes les phases et les différents exploits de cette guerre. Qu'il nous suffise de savoir, partout où la défense du sol breton et la gloire des hommes les apj)elaient, que ce fut à la suite d'un capitaine d'armes ou du comte d'Alençon lui-même, jamais ils n'y manquèrent.

Mais de toute la guerre, la plus belle page qui concerne Porhoët est celle du combat des Trente, que Beaumanoir sut écrire en lettres d'or sur le frontispice historique de Josselin.

Bembro, commandant pour Edouard et Montfort à Ploërmel, ayant, au mépris des conventions et des trêves, porté le fer et le feu dans le pays, le Maréchal Jean de Beaumanoir (1), gouverneur de Josselin pour Charles de Blois (2) et qui joue dans toute cette histoire le plus noble rôle, se rendit à Ploërmel, pour parlementer avec le chef anglais. Aux reproches que fît Beaumanoir, à son rival, de

(1) Et non Robert comme Pont écrit bon nombre d'auteurs anciens et modernes (Boissart, Pitre-Chevalier). Ce qui porta à confondre Tun et l'autre, ce fut que tous deux devinrent maréchaux de Bretagne sous Charles de Blois, dont ils embrassèrent la cause. Mais Jean était neveu de Robert et succéda à son oncle dans la dignité de Maréchal.

(2) Bien que Josselin fût alors château seigneurial et ne dépendant aucunement du duc. En qualité de place forte, cette ville pouvait en temps de guerre être occupée par un capitaine qui j tenait garnison au nom d'un des prétendants du duché.

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