‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 34 sur 113 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

batailler envers et contre tout, les affaires s'envenimèrent au point que le chef des Bretons jeta un défi à Bembro.

Afin que le poids de la guerre ne fût porté que par des guerriers, il fut convenu que trente Anglais viendraient s'aligner en face de trente Bretons et qu'ainsi entre hommes d'armes la querelle serait vidée en champ clos.

Rendez-vous fut pris, près d'un chêne, sur les landes, à mi-voie entre Ploërmel et Josselin. Chacun des capitaines choisit parmi ses compagnons les plus valeureux. Ceux de Beaumanoir furent les chevaliers de Tinténiac, Guy de Rochefort, Yves Charruel, Robin Raguenel, Huon de Saint-Yvon, Caro de Bodégat, Olivier Arrel, Geoffroi du Bois, Jehan Rousselot, Guillaume de La Marche et les écuyers Guillaume de Montauban, Alain de Tinténiac, Tristan de Pestivien, Alain de Keranrais, Olivier de Keranrais, Louis Goyon, Geoffroi de la Roche, Guyon de Pontblanc, Geoffroi de Beaucorps, Maurice du Parc, Jehan de Sereiit, de Fontenay, Hugues Capus, Geoffroi Poulard, Maurice et Geslin de Tresiguidy, Guillaume de la Lande, Olivier de Monteville, Simon Richard, Geoffroi Mellon.

Le jour dit, 27 mars 1351, en bons chrétiens, les Bretons remirent leur àme à Dieu. Voici du reste à

ce sujet, comment s'exprime l'historien poète qui a narré en détail les péripéties de la lutte :

Quand le jour fut venu Que rendre se devait, dessus le pré herbu Beaumanoir le vaillant, que Dieu croisse en vertu, Ses compagnons appelle qu'ils vindrent tous à lui, Et leur fit dire messes ; chacuu fu absolu, Prinrent leur sacrement en nom du roy Jel^su. etc.

Spectacle admirable, n'est-il pas vrai, que ces trente preux, pleins de foi et d'espérance, allant, la paix au cœur, puiser à l'autel du sacrifice la force nécessaire pour mourir vaillamment (Ij. Aussi quelle fougue ils déployèrent contre les Anglais. Leur sang, d'avance, ils l'avaient offert à la Bretagne ; qu'avaient-ils à escompter de l'avenir, si la victoire ne devait pas leur échoir.

Ce fut un combat héroïque ; Bretons et Anglais, dans un corps à corps terrible, rivalisèrent de fureur et de générosité pour l'honneur du nom. Au premier choc, les Bretons parurent fléchir, mais ils se reprirent promptement et, après une véritable hécatombe, restèrent maîtres du terrain (2).

(1) Les uns s'accordent à croire que c'est à Notre-Dame qu'eut lieu cette cérémonie, les autres que ce fut à la chapelle Saint-Michel.

(2) Us revinrent à Josselin en chantant Gloire à la Vierge ! mais avant de quitter le champ de bataille les nobles vainqueurs avaient rassemblé tous les morts, Anglais et Bretons, et leur avaient accordé

id

Ci]

Cd

ûi

ai

ce

Page 1