CHAPITRE III. G
Beaumanoir, dois ton sang' » le cri de Keranrais, reste la devise de Mi- Voie. Célébré par les poètes, chanté par les ménestrels, le combat devint si fameux qu'un siècle après, en parlant des plus belles batailles, on disait encore : On se battit comme aux Trente ! En souvenir de ce fait mémorable, unique même dans les annales de notre histoire, on éleva vers le xvi® siècle, après les guerres de la Ligue, une croix en pierre sur l'emplacement du chêne qui en 1351 régnait seul sur la lande. Elle fut abattue, une première fois, en 1775, mais les Etats de Bretagne la relevèrent et gravèrent sur sa base cette inscription : (^ A ia mémoire perpétuelle de la bataille des Trente, que Monseigneur le Maréchal de Beaumanoir a gagnée en ce lieu le xxvii mars MCCCL. » La révolution de 1793, ce fléau de nos gloires anciennes, se flatta d'anéantir le souvenir des Trente, avec le signe qui la consacrait. Mais en 1819, il ressuscita dans l'obélisque que nous voyons actuellement. On y lit ces mots : Sous le règne de Louis XVIII, roi de France et de Navarre, le Conseil général du département du Morbihan a élevé ce monument à la gloire de XXX Bre-
la paix et le repos éternel dans un ensevelissement commun, sous les dalles, dit la tradition, de la chapelle Saint-Maiidé (en La Croix- Helléan), qui était le sanctuaire le plus rapproché.
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tons. » La croix ogulrmcnt lut rét.il>lio ; dans le support on enclava la vieille inscription.
Si la victoire des Trente n'amena pas la paix, du moins elle donna enfin quelque repos à la liretagne, et les Anglais ne vinrent de sitôt sur les chemins de Ploërmel et de Josselin.
Quelques années plus tard (1363), cette même lande qui avait servi de champ clos, pour vider la querelle nationale, fut assignée pour le rendez-vous des conférences entre Charles de Blois et .Jean de Montfort, relativement au partage projeté de la Bretagne. Cette entrevue, qui peut-être eût épargné beaucoup de sang, n'eut pas lieu.
La fin de la lutte cependant était proche ; la mort de Charles de Blois à Auray devait amener le dénouement de cette question fameuse de succession.
Dans un suprême efîort les deux rivaux groupèrent toutes leurs forces ; Du Guesclin, Rohan, Léon, Dinan, Rieux s'armèrent. L'armée tout entière, dirigée au secours d' Auray, fut passée en revue à Josselin par Charles de Blois.
L'on sera convaincu de l'importance du rôle de Beaumanoir et de l'autorité dont il jouissait parmi tant de chefs illustres, lorsqu'on saura que Charles de Blois arrêta son choix sur lui afin qu'il se rendît au camp de Montfort tenter avant la bataille un