CHAPITRE IV. ^^^P
[rente-cinq paroisses. A part cinq petites trêves ou paroisses, elles appartenaient toutes à la vicomte de Rohan ou au comté de Porhoët (1).
Voici celles comprises dans ce comté :
Sainte-Croix de Josselin, dont nous avons vu la fondation.
Guéhenno — appelé tour à tour Mouster-Guezenou en 1260, Mouster-Guehenou en 1387, Moustoir-Guéhenno en 1429 (2), enfin Guéhenno en 1501, eut une origine monastique comme l'indique le nom Moustoir. Ce Moustoir peut bien avoir existé au Mont (Mont Guéhenno où se trouvent actuellement les restes de deux chapelles) , comme l'indique la tradition.
La chapelle es Brières ou Notre-Dame des Brières était une trêve de Guéhenno ; après avoir été tout d'abord paroisse sous le simple nom de Capella (1387).
Gruguel — dont le nom signifie : Tertre, petite butte, a été un démembrement de Guéhenno. Les limites de celte dernière paroisse venaient à toucher pour ainsi dire Gruguel. Le château des Timbrieux et quatre ou cinq villages circonvoisins au cœur du territoire furent, jusqu'à la Révolution, de Guéhenno. C'est en 1258 qu'on trouve la première mention de Kreugel dans les archives du chapitre de Vannes.
Billio^ sa trêve, ou plus justement sa paroisse sœur, doit son origine aussi à un monastère, car son nom était jadis : Moustoir Billion (1387, 1422). A l'établissement ruiné, peutêtre par les Normands, succéda une petite paroisse (fin du X» ou commencement du xi« siècle). Avant la fin du
(1) Les trêves, du breton tref, étaient les églises succursales démembrées de la paroisse. On les appelait aussi fillettes ou feillettes.
(2) Abb. de Lanvaux, Chap. Vannes, Chat, de Talhouet, Saint- Martin de Josselin.
94 ESSAI 8L'H LE POHHOKT.
xve siècle, Billio fut réuni à Gruguel. Il y eut un desservant pour les deux églises ; celui-ci finit par s'établir à Gruguel et conserva Billio comme trêve.
Plumelec — qui signifie paroisse (Plou, Plu, traduction de « peuple ») de Saint-Melec. Très ancienne localité ; figure déjà dans la fondation du monastère de Locmaria mentionné en 1146 comme prieuré de femmes dépendant de Tabbaye de Saint-Sulpice de Piennes (1). Sur le même territoire, un autre établissement religieux, maisd'hommes, était le prieuré de Saint-Julien de Cadoudal, appartenant aux Trinitaires (2).
Saint- Aubin. — Sanctus Albinus (1387) — considéré comme trêve bien qu'uni seulement (vers le milieu du xv^ siècle) à 'Plumelec, avait été paroisse indépendante depuis le xii^ siècle environ (3).
Callac n'a jamais constitué une trêve, malgré son titre de « bourg de Callac ». Il fut toujours desservi par Plumelec.
Saint-Jean- Brevelay. — Son église fut fondée par des émigrants bretons qui, au xi° siècle, rapportèrent de Beverley, en Angleterre, des ossements de saint Jean, évêque d'York (721). Saint- Jean Beverley deYinlSa^ini-Jeaiii Brevelay. Au village de Moustoir existait sans doute un établissement monastique ruiné par l'invasion normande (x' s.).
Guégon. — Le style roman de certaines parties de son église révèle son antiquité. L'Abbaye de la Joie nous fait connaître Guezgon en 1283.
Cette paroisse avait comme trêves : Tregranteur, qui s'écrivait jadis Tregarantec ou Ti^egarenteuc et était sans
(1) Un vicomte de Porhoët fut le fondateur de Locmaria. Le prieuré rendait aveu au titulaire de la vicomte.
(2) Saint-Julien avait été fondé par un seigneur de Cadoudal et annexé, ou plutôt soumis à la maison de Rieux avant 1346.
(3) Le motif de ces réunions de paroisses était le plus souvent une amélioration nécessaire à la situation du recteur.