CHAPITRE V
tonne. La victoire coûta cher à l'armée du roi, mais elle extermina le parti ducal.
François IF, incapable de se relever, se déclara sujet du roi de France et signa la déchéance de son pays le 20 août 1488(1).
La réunion de la Bretagne à la couronne de Charles VIII mit fin à la lutte et apaisa les dissentiments intérieurs (1491). L'antique royaume de Nominoë n'était plus qu'une province française I Le comte de Porhoët semble dès lors avoir cherché dans Tadministration de ses domaines la consolation de n'avoir pu sauver l'indépendance du duché en prenant la couronne. Il mourut en 1516, laissant quatre enfants : Jacques, premier du nom, qui recueillit le Rohan et le Porhoët ; Claude, qui fut évêque de Cornouaille et vicomte de Rohan après la mort de son frère aîné ; Anne, mariée à un de ses cousins, Pierre de Rohan, seigneur de Frontenai et de Gié, et Marie, mariée également à un parent, Louis de Rohan, quatrième du nom, seigneur du Guémené.
Jean 1" de Rohan, comte de Porhoët, avait épousé
(1) Après la mort de François II qui survint en 1489^ la dot de la duchesse Anne fut l'objet de convoitises encore plus ardente que par le passé ; si bien qu'elle se vit menacée tout à la fois d'être enlevée par les Bretons pour Jean de Rohan, par les Français pour la Cour de France et par les Anglais pour le sire d'Albret.
l.'JO ESSAI SUR LE PORHOKT.
FraTi(;oisc de Daillou, fille de Jean, comte de Lude, mais il n'eut pas de progéniture et mourait sans héritier direct l'an l.')27. 11 était le dernier rejeton de la branche aînée de Rohan. In partage s'en suivit, mais les deux fiefs de famille, Porhoët et Rohan, se retrouvèrent sur la même tête, quelques années plus tard. Claude de Rohan, évêque de Cornouaille, eut donc la vicomte de son nom, tandis que sa sœur aînée reçut le Porhoet, qu'elle abandonna à son fils René (1). La branche cadette des Rohan-Gié (2) succéda ainsi à la branche aînée.
(1) La comtesse Anne mourut peu de temps après ce partage. Elle tomba malade au château de Josselin, où elle fit son testament le 22 mars 1528. Elle ordonna que son corps fût inhumé dans l'église Notre-Dame, auprès de la sépulture d'Olivier de Clisson. Comme on travaillait alors à l'agrandissement de cette église, le corps fut déposé en attendant dans la chapelle qu'elle avait fondée |Ogée).
(2) Les Gié étaient une branche cadette des Rohan Guémené. L'auteur de cette branche, dit : le maréchal de Gié, eut de son
mariage avec Françoise de Porhoët trois fils ; le premier, Charles, continue la branche aînée ; le troisième, Pierre, commença la branche cadette de Rohan-Gié; ce même Pierre eut deux fils, dont René I"".