‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 59 sur 113 · DUC ET PAIR · texte numérisé non relu

DUC ET PAIR

L'union était à peine consommée, qu'un terrible incendie, allumé au fond de l'Allemagne par le moine Luther, se déchaîna sur la France et se répandit jusqu'aux confins de la vieille Armorique, couvrant de cendres et de ruines son sol encore épuisé par tant de luttes intestines.

Dès l'apparition des nouvelles doctrines, l'étincelle avait jailli au cœur du vieux comté ; sa famille souveraine, électrisée par le mouvement à peine naissant, embrassa la lutte avec fureur. IN 'avait-elle pas, il est vrai, été nourrie au sein même de la

I réforme ; Henri I", René II et Henri H ne furent-ils pas appelés à chauffer leurs juvéniles ardeurs au

foyer le plus ardent do la propagande calviniste : la cour de Navarre ? Imbus de ces principes, ils en jurèrent le triomphe, et ayant appris de leurs ancêtres que, quelles que fussent les circonstances, une seule place était digne de leur nom, ils s'érigèrent en champions de la cause calviniste, non seulement en Bretagne, mais encore dans toute la France.

Isabeau d'Albret, épouse de René I"" de Rohan- Gié-Porhoët, dès sa jeunesse avait été prédisposée par sa belle-sœur, Marguerite de Navarre, à embrasser la religion réformée ; elle s'était contenue du vivant de son mari, mais à sa mort, déterminée vraisemblablement par les conseils de sa famille du Béarn, elle montra un penchant de plus en plus prononcé pour la réforme et finit par abjurer vers 1558. Blain, sa résidence ordinaire, devint le quartier général du nouveau culte que, malgré la rigueur des édits, elle obtint la permission de pratiquer ainsi que ses gens. Là se donnaient rendez-vous les gentilshommes calvinistes venant de tous les points de la Haute-Bretagne.

Henri P% fils d'Isabeau, qui était né à Blain, y mourut également l'année 1575. La cruelle maladie qui le tortura sa vie durant Fem^îêcha de prendre une xjart militante aux troubles de son temps. Son

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