‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 60 sur 113 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

frère René II et lui appliquèrent principalement leur activité à la propagande en Bretagne. Le fanatisme porta les deux partis à beaucoup d'atrocités, mais à vrai dire, en dehors des villes où les ministres recrutaient assez facilement des adeptes, le Porhoët comme le Rolian résistèrent énergiquement dans cette lutte morale. Le catholicisme, battu vigoureusement en brèche pendant près de quarante ans, triompha sans que le calvinisme laissât même une trace de son passage.

Malgré les efforts de ses seigneurs, JoSselin ne fut que partiellement atteint par l'hérésie ; la majeure partie de la population resta fidèle à la foi antique. Les habitants même, pour s'assurer le libre exercice de leur culte, s'emparèrent de la nomination* de plusieurs bénéfices, conférés jusque-là par les seigneurs, et la ville conserva ces bénéfices jusqu'à la Révolution.

Il est à conjecturer que c'est vers 1560 que les Rohan chassèrent les bénédictins du prieuré de Saint-Martin de Josselin et firent pendant quelque intervalle un temple de leur église; le bâtiment qui en est voisin, et qu'on appelle la Huguenoterie(l), semble confirmer cette affectation. Les guerres civiles et religieuses ayant pris fin, l'abbaye de

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Mariiioutiers rentra on possession des revenus (1<; cette maison; le couvent fut supprimé et les moines remplacés uniquement par un prêtre séculier à portion congrue. D'autres couvents furent saisis et livrés aux protestants ; l'abbaye de Lantenac devint la proie de la Ville Audrain, terrible huguenot qui a laissé de cruels souvenirs dans la contrée.

Le prosélytisme des Rohan n'eut de cesse qu'un ministre protestant fût établi dans les principales villes de leurs domaines ; Josselin, Rohan, Pontivy, subirent les prêches d'un apôtre luthérien. Trois synodes calvinistes se tinrent à Ploërmel, en 1562, 1563, 1565, et le ministre Aubri s'y soutint à la tête d^une petite église protestante jusqu'en 1580. Josselin n'eut rien à envier à Ploërmel, elle eut les siens en juin 1563 et juillet 1583 (1).

Le comte de Porhoët, René 11 (2), nommé par Jeanne d'Albret son lieutenant général dans tous les pays soumis à son obéissance, jusqu'à la majorité de Henri IV, reçut plus tard du roi lui-même la confirmation de ces pouvoirs. Condamné à périr sous la vengeance du parti royaliste, il allait suc-

(1) Ce dernier se tint au château et on y élabora une ordonnance interdisant toutes sortes de danse.

(2) Henri 1er, de son mariage avec Françoise de Tournemine, n'avait, pas laissé de postérité. Les biens et titres passèrent à son frère René.

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