CHAPITRE VI
comber dans le massacre de la Saint-Barthélémy avec les principaux chefs Huguenots s'il n'avait été prévenu à temps de ce qui se tramait contre sa cause. Dans le Poitou et la Saintonge, où il avait des biens considérables, il défendit le protestantisme les armes à la main et mourut encore jeune à la Rochelle, en 1586. Sa bravoure lui survécut dans Catherine de Parthenay (lille et héritière de Jean de Parthenay, seigneur de Soubise), sa veuve, qui se montra en véritable héroïne lors du fameuv siège de la Rochelle en 1627. Nourris d'un tel exemple, ses fils, Henri de Rohan-Porhoët, deuxième du nom, et Benjamin de Soubise, ne devaient pas laisser éteindre les vertus guerrières de leur race. La France ne compta jamais de plus terribles batailleurs.
Entretenu par la faiblesse ou la violence des derniers Valois, l'incendie se serait éteint avec ceux-ci, si le premier Bourbon n'eût été calviniste. A la guerre du catholicisme et du protestantisme succéda alors la Ligue formée contre le Béarnais Henri IV, laquelle se traduisit par une révolte, colorée du beau nom de religion, contre l'autorité royale.
En Bretagne, la Ligue prit de suite un caractère politique et national. Saisissant la guerre religieuse comme une circonstance fortuite qui s'offrait à elle
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(le s(î détachci' du loyauine, poiii- ressaisir son tincieiiiKî iii(lép(îii(laiH:(î, notre ])r()virice se icdicssa fièrement à Tappel d'un héritier' de la Tnaisoii de Blois, le duc de Mercosur.
Le nom de Penthièvre trouva écho dans beaucoup de cœurs (1), son souvenir fit sortir du fourreau les épées encore roupies du sang d'Auray et de Chantoceaux. Presque tous les centres, à l'exception de Rennes, Vitré, Saint-Malo, Chateaubriant, Montfort, Josselin, Ploërmel, Malestroit, Brest, Quimper, Guérande, soulevés par l'espoir de reconquérir cette indépendance, l'objet constant des rêves d'avenir, furent bientôt à lui. Rennes resta la capitale bretonne soumise au roi, tandis que >^antes fut toujours fidèle à Mercœur. Chaque parti se crée un Parlement et fait de sa ville principale le siège de son gouvernement. Saint-Malo s'érige en république ; Hennebont et Quimperlé sont pris et repris ; le pays de 'J réguier mis à feu et à sang, et la Bretagne, hélas ! devient encore la proie d'une double occupation étrangère (2).
(1) Le moment pouvait sembler favorable pour revendiquer les droits de la famille de Blois au duché de Bretagne ; car à lextinciion de la postérité masculine des Valois, Henri de Bourbon devenait bien l'héritier légitime du trône de France, mais non du duché, vu qu'il ne descendait ni de Jeanne de Penthièvre, ni d'Anne de Bretagne.
(2) Mercœur s'appuyant sur les Espagnols, et le roi de France sur les Anglais.