‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 65 sur 113 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

aussi propre à concevoir qu'à exécuter les projets les plus hardis. Par son courage et son habileté stratégique attestée par ses campagnes et ses écrits, il est digne d'être proposé pour modèle aux hommes de guerre ; et aucune restriction ne viendrait se mêler aux éloges qu'il mérite, si des motifs d'intérêt personnel, ou des prétextes de religion, ne l'avaient entraîné à provoquer ou à entretenir la guerre civile dans sa patrie. Comme Condé et Turenne, il en fut puni par l'insuccès et, comme eux, il ne fut jamais plus grand que quand il servit son pays contre Tétranger. » Tel est le jugement porté sur lui par Levot ; il s'accorde du reste avec cet éloge que lui fit Voltaire :

Avec tous les talents, le ciel l'avait fait naître ; Il agit en héros, en sage il écrivit ;

Il fut même un grand homme en combattant son maître, Et plus grand quand il le servit (1).

Ce comte de Porhoët, le plus émincnt de ceux de sa lignée, eut une fin digne de lui ; à soixantedix ans, il combattait encore à Reinfeld (1638), lorsqu'une blessure le conduisit au tombeau. Son corps fut transporté à Saint-Pierre de Genève.

(1) Henri Martin dit, à son propos, que Richelieu ne desespéra jamais de tourner au profit de l'État cette puissante activité qui avait ébranlé l'État.

Marguerite de Béthurie, son épouse, fille du célèbre ministre, lui avait donné quatre tils et autant de filles ; de tous ces enfants, une seule fille lui survécut. Son nom était iMarguerite de Rohan, et d'elh; devait sortir la branche des Roban-('habot.

Page 1