‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 68 sur 113 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

La dévotion à l'image sainte, découverte jadis dans un buisson épineux, devint de plus en plus florissante. Tout le Porhoët vint chaque année se jeter à ses pieds. Une procession, d'une pompe solennelle, avait lieu le mardi de la Pentecôte. Voici, d'après Ogée, en quels termes la décrit le Carme Irenée de Jésus -Maria, qui écrit en 1666 : « Marchaient d'abord six compagnies de bourgeois et habitants de la ville et des faubourgs, commandées par un gentilhomme. Puis une compagnie de deux ou trois cents Léonnais, demeurant à Josselin, pour apprendre le français et faire le commerce. Ils étaient vêtus de bleu, bonnet sur la tête, galant sur l'oreille, avec leur chupanne et leurs grandes chausses à la Suisse, l'épée au côté et la hallebarde en main, commandés par un bourgeois. Entre les compagnies de Josselinais et celles de ces basbretons, un homme coiffé, vêtu et armé à la turque, rendait ses hommages à celle qui, suivant l'expression de l'auteur, est aussi bien la dame de Tempire Ottoman que de l'empire Chrétien. Venait ensuite une troupe de vierges innocentes, dont plusieurs choisies parmi les pensionnaires des Ursulines. D'autres filles représentaient les trois Marie ; une M autre, la princesse Ursule, couverte d'un manteau H royal à franges d'argent, accompagnée de deux

petits anges fnisr'int rolfirc (U; pages, et suivie de ses onze mille filles d honneur, ('elle rjui la représentait, dit le bon l*èr(;, en conduisait à la vérité beaucoup moins (onze probablement). Le clergé régulier et séculier (entre autres les curés des quatre paroisses), le corps de justice, une bande nombreuse de pèlerins de Saint-Jacques, relevaient encore l'éclat de cette procession qui s'avançait majestueusement au concert des tambours, des trompettes, des violons, des bombardes, des musettes de Poitou, et recevaient en chemin plusieurs salves de mousqueterie. Quatre prêtres, revêtus d'aubes et de dalmatiques, portaient l'image de Notre-Dame sur un brancard richement orné ; elle était accompagnée de quatre filles parées qui tenaient des cierges blancs à la main. Il y avait des assistants des neuf évêchés de Bretagne et même des extraprovinciaires. Comme une grande partie des cinquante-deux paroisses (1) du comté de Porhoët accourait avec empressement à cette grave et joyeuse solennité, l'on y comptait trente à quarante bannières, outre plusieurs membres de diverses confréries portant des torches vertes, jaunes et rouges,

(1) Dans ces cinquante-deux étaient comprises celles de la châtellenie de la Chèze qui, l'auteur ne semble pas s'en douter, faisaient alors partie du duché de Rohan.

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