CHAPITRE VII
chacune de dix-huit pieds de hauteur et du poids de cent livres (1). »
Les papes attachèrent des indulgences à cette admirable dévotion ; le peuple et les seigneurs enrichirent le sanctuaire d'objets d'art remarquables. Citons entre autres un calice que le même Carme regarde comme un don royal, de Louis KIII probablement. « 11 est massif, d'argent doré, pèse dixhuit marcs, a quatorze pouces de hauteur, un pied et demi de circonférence et contient plus d'un pot de roi. Le nœud est très artistement travaillé. Les images du Sauveur et des douze apôtres y sont tellement finies qu'on les distingue facilement les unes des autres, avec l'instrument de leur martyre, dans leurs niches séparées, avec leurs chapiteaux. La patène a trois pieds de tour. On remarque au milieu l'image de Notre-Seigneur et de la Vierge, et autour celle des quatre évangélistes. L'empreinte des armes, sous le pied du calice, fait présumer que c'est le vœu d'un de nos rois. »
(1) Au XVII* siècle, il n'est pas encore question d'aboyeiises. Elles ne font leur apparition qu'en 1727, suivant un procès-verbal régulièrement rédigé. Trois enfants du bourg de Camors furent les premiers atteints de ce mal. Depuis cette époque, il y eut à Josselin des aboyeuses presque sans interruption. La science n'a su se prononcer sur le caractère de cette étrange maladie qui survient inopinément et dont les crises s'apaisent au contact des reliques de la Vierge. ,
Voici (3iicorc un ol)j(;t do grande valeur, offert par l(3S nobles bourgeois r>t les habitants de la ville ; c'est une croix en argent. " Klle a deux branches comme toutes les autres croix de cette église ; son poids est de 36 marcs ; sa hauteur de quatre pieds ; sa largeur de deux ; la pomme a près de deux pieds de tour, et Ton y voit les images de Notre-Seigneur et des douze apôtres avec les attributs de leur passion, dans leurs niches et sous des chapiteaux séparés. Au milieu de la croix est le crucifix, d'un pied de hauteur et au revers la figure de ?s^otre-Dame du Roncier. Sur le bras de la croix, sont d'un côté les quatre évangélistes et de l'autre un aigle et un pellican, un agneau et un bœuf, un lion avec des ailes et un ange bien travaillés (I). » Clisson, par testament, avait légué mille livres de huit marcs d'or, pour faire deux calices et deux patènes, ainsi que la plus belle croix qu'il avait dans son château avec les reliques qu'elle renfermait. Hélas ! tout ce magnifique trésor devait disparaître dans la tourmente révolutionnaire, c'eût été crime pour les féaux du pontife de l'Etre suprême d'épargner ce musée de notre histoire.
Authentique, ou non, au-dessus de l'image miraculeuse était accroché encore au xvii*^ siècle, le
(1) Irenée de Jésus-Maria.