‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 76 sur 113 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ce qu'en dit l'historien que nous venons de citer : (( De tout temps, les Bretons ont aimé le jeu de soûle, l'un des plus violents divertissements du peuple. Non seulement en Basse-Bretagne, mais encore dans la Haute, la soûle est demeurée jusqu'au XIX® siècle très usitée parmi les jeunes gens. On dit qu'au moyen âge, le monopole du droit de soûle fut attribué aux seigneurs, par mesure de police : ce jeu étant très dangereux, il ne fut plus permis de se livrer à ses ébats qu'à certains jours et dans certaines conditions. C'était ordinairement les jours qui suivaient la fête de Noël, très souvent le jour saint Etienne, par rapprochement peut-être entre le martyre de ce bienheureux, lapidé par les Juifs, et les violences du jeu de soûle (1). »

La soûle était un gros ballon de cuir, que deux partis, composés souvent des habitants de deux paroisses ou de deux fiefs voisins, armés de bâtons recourbés appelés crosses ou quillards, se disputaient avec fureur. Au seigneur était réservé l'honneur de lancer en l'air le ballon, ce qui était le signal de la lutte. Jl s'agissait de faire parvenir la soûle à un certain but. Mais pour gagner cette victoire, que de coups de crosses et de horions il fallait essuyer ; que de mêlées il fallait soutenir ! Trop souvent de

(1) Guillotin de Corson.

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graves accidents s'en suivaient et c'est p(jur(ju(ji le duc de Hohnn, LouisMarie Hretag-ne, susj)endit l'exercice de ce droit, considérant ses conséquences comme trop dangereuses.

Le « Papegault » avait aussi une grande vogue à Josselin. C'était un tir, institué au xvi" siècle, dans le but de former la jeunesse aux exercices militaires.

« On appelait indifféremment papegault ou papegai un oiseau en bois, peint en vert comme un perroquet ou en blanc comme un pigeon ». L'oiseau était une cible pour tous les tireurs, soit à l'arc et à l'arbalète, soit à l'arquebuse ou au fusil, qui se présentaient. Il ne suffisait pas d'elléger le perroquet d'un membre, aile ou cuisse, le prix n'était décerné qu'à celui qui abattait l'animal jusqu'au dernier morceau. Le vainqueur, outre la récompense promise et divers privilèges, était décoré du titre de « roi du papegault. »

Ceci nous montre qu'autrefois la force et l'adresse étaient deux qualités très estimées et dont nos compatriotes aimaient à se glorifier. Les luttes corps à corps, qui ont encore lieu dans certaines régions de la Bretagne, évoquent le souvenir de ces vieux usages. Ne faut-il pas regretter que tous ces jeux populaires aient complètement disparu du Porhoët ?

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