CHAPITRE VIII
ja ville, où se maintenaient ces curieuses coutumes, avait bien conservé aussi son cachet moyenâgeux. Nombreuses maisons de bois, des xv^, xvi" et xvii'' siècles bordaient les rues étroites et escarpées. L'enceinte était toujours debout ; évidemment les murailles abandonnées s'effritaient, les pierres des créneaux glissaient, çà et là quelques brèches s'étaient bien produites, mais l'aspect en était toujours sévère et imposant. Les Josselinais, avides de jardinage, avaient malheureusement envahi les fossés, qu'ils s'étaient partagés, et s'étaient créé là de minuscules exploitations légumières ; de sorte que décombres et végétation contribuèrent également à l'œuvre de comblement.
Les trois faubourgs nés dans le courant du xif siècle s'étaient peuplés et avaient pris de l'extension . Saint-Martin principalement, depuis longtemps déjà, avait fait la tache d'huile et couvrait toute la colline nord. A une de ses extrémités se trouvait l'hôpital, connu sous le nom de saint Jacques. Mentionné dès 1424, il avait été temporairement transformé en chapellenie et décoré sans raison du nom de prieuré ; puis, rendu à sa première destination en 1728. Trois Sœurs de la Providence en eurent la direction jusqu'à ce qu'il passa aux filles de la Sagesse.
170 ESSAI SUR LE FOHHOtÎT.
Un autre petit hôpital situé au bout (!<' la rue du Val d'Oust, sur le boni da la rivière, était, avec une chapelle dédiée A saint Jean, l'ancien établissement des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Oe bien, tombé en commende, tut longtemps possédé par les recteurs de IXotre-Dame, à la charge d'une messe par semaine, puis disparut sous le pic en 1773.
Mais qu'étaient devenus tous les prieurés qui avaient assuré le développement de la ville pendant les premiers siècles ?
Sainte-Croix depuis le xiv* siècle n'avait plus de moines ; le prieur avait conservé la dîme et s'était substitué un vicaire perpétuel à portion congrue, pour le service de la paroisse. A Saint-Nicolas et Saint- Martin, même transformation, par suite de l'abandon des religieux; mais tandis que le bénéfice de Sainte- Croix restait à l'abbaye de Redon, ces deux derniers prieurés furent perdus pour les religieux et donnés en commende à des prêtres séculiers (1). Disons
(1) Voici un aperçu des revenus des anciens prieurés : Le dernier prieur de Sainte-Croix avait affermé en 1785 tous les revenus de son bénéfice pour la somme nette de 4 800 livres. Toutes les charges laissées en plus aux fermiers étaient évaluées à 1700 livres. — Le revenu du prieur comraendataire de Saint-Nicolas en 1730 était de 540 livres ; il avait dîmes en plusieurs lieux, droit de foire à la fête de saint Nicolas. — Le prieur de Saint-Martin en 1580 affermait touc le revenu du prieuré moyennant 3090 livres pour lui, et robligatioa des charges pour les fermiers (il avait entière juridiction sur les