‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 83 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

nouveau à l'exil, furent cachés par la population qui leur était si dévouée (1).

« En 1791, M. Allain, recteur de Notre-Dame et député du Clergé à l'Assemblée Nationale (2), refusa le serment de la Constitution civile et fut imité par MM. Grumelec, de Sainte-Croix; Marcour, de Saint- Martin; Chantrel, de Saint-Nicolas, et les curés ou premiers vicaires de ces paroisses. Le 2 août de cette année on ferma officiellement les églises de Sainte-Croix, de Saint-Martin et de Saint-Nicolas ; on ne conserva au culte que celle de Notre-Dame du Roncier, qui fut livrée à un intrus, pendant que le pasteur légitime émigrait en Espagne (3). »

(1) Nous reproduisons aux pièces justificatives une liste des prêtres du district de Josselin, poursuivis comme réfractaires. Ils y figurent au nombre de cinquante-quatre.

(2) M. Allain, originaire du diocèse de Saint-Malo (né le 16 février 1743), avant d'être recteur de N.-D. du Roncier (1774) était entré dans la Compagnie de Jésus ; il en sortit lors de la suppression. L'estime publique le désigna au Clergé du diocèse, qui en fit son représentant aux Etats généraux. Pendant la Révolution, la déportation fut prononcée contre lui, et il se rétugia en Angleterre. Plus équitable à son égard que les autres gouvernements, Napoléon nomma le vénérable recteur à rarchevêché de Tournay lors de la publication du Concordat en 1801, et pendant une partie de Tannée 1801 son nom figura sur la liste des nouveaux évêques , mais il finit par refuser cette dignité et n'accepta que le titre de vicaire général de Vannes. Il en remplit les fonctions pendant sept ans et mourut dans cette ville en 1809.

(3) Le Mené, Diocèse de Vannes.

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Ce fut dès lors ht vol et le pilla^^e organisés par les révolutionnaires. Car hélas ! à Josselin comme ailleurs, il y eut aussi un parti révolutionnaire, composé, il est vrai, à l'honneur des habitants, d'un grand nombre d'étrangers. ^

Le débordement des passions ne connut plus de frein, les vandales se jetèrent sur tout ce qu'il y avait de plus sacré : le trésor de Notre-Dame fut pillé et saccagé, le tombeau remarquable de Clisson brisé à coups de marteau, les cloches fondues, la statue miraculeuse de la Vierge jetée au feu dans un corps de garde. La Providence heureusement veillait et permit que certains fragments fussent sauvés, afin de perpétuer jusqu'à nous la dévotion de nos ancêtres (1).

La horde soldatesque envahit les établissements religieux, transformant les couvents en casernes et les églises en écuries. Ceux jugés défavorables à cet emploi ou inutiles furent vendus, ainsi que tous les autres biens ecclésiastiques. La Nation, après avoir dispersé les possesseurs, avait, sans aucune autre forme de procès, fait main basse sur tous leurs biens (2). Les églises paroissiales de Josselin

(1) Ce sont ces fragments que contient le reliquaire de la nouvelle statue exposée aux regards des fidèles.

(2) Les Archives de la ville renferment des liasses entières concernant la vente des biens ecclésiastiques et des propriétés de la noblesse.

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