‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 84 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

perdirent toutes leurs dépendances ; Sainte-Croix même fut vendue, ainsi que la chapelle Saint-Michel ; le Mont Cassin, les Carmes, les Ursuliiies, la Retraite suhirent le môme sort. Cette spoliation s'étendit aux donations de toutes les chapellenies fort nombreuses du Porhoët et à toutes les communautés dispersées dans les paroisses.

Le régime terroriste régnait en maître à Josselin ; comme ailleurs, les mécréants n'étaient qu'une poignée, mais l'énergie et la violence qu'ils déployèrent en toute occasion assurèrent le triomphe de leur œuvre tyrannique. La Convention y délégua deux commissaires ; en son nom JuUien et Guermeur se chargèrent « d'épurer » et de « réorganiser » la société populaire de la ville (1). Dès 1791, une société dite « des amis de la Constitution » s'était organisée et s'affiliait aux autres sociétés semblables. Elle adopta vite le programme rénovateur des Jacobins et montra dans l'accomplissement de sa tâche un zèle si intense qu'un compatriote, membre du tribunal militaire de Lille, lui écrivait le 3 Ventôse an II : (( Républicains, mes frères, c'est une jouissance bien grande pour moi d'apprendre les progrès rapides de mes concitoyens dans la carrière de la Révolu-

(1) Aux plus purs sans-culottes qui prétendirent régénérer le pays de Josselin, il nous faut ajouter le digne Laumailier.

tion, grâces je vous en rends, généreux sans-culottes, qui suppléant au nomlyvc par votre énergie avez tenu les aristocrates en l)ri(les et ramené les fanatiques au temple de la Raison » (1). La Vierge du Roncier bannie de son temple fit place effectivement à la déesse Raison.

Mais en réalité ce fanatisme n'altéra guère les sentiments de la masse de la population ; nous retrouvons tout le cœur de celle-ci dans une pétition des habitants, datée de l'an V, à l'administration de Vannes pour obtenir la liberté de deux de leurs prêtres. Blanche et Le Portz, détenus à Vannes (2). Si quelques-uns s'égarèrent, comme il arrive toujours en temps de troubles, la mentalité resta saine et intacte.

Les campagnes n'endurèrent point aussi pacifiquement les rigueurs du parti Jacobin. Si les mesures de persécution religieuse exaspérèrent les Bretons, la mort du roi, la loi du 24 février 1793 prescrivant une levée immédiate et les étranges procédés appliqués pour assurer cette réquisition, vinrent mettre le feu aux poudres.

11 faut lire la remarquable et consciencieuse étude

(1) Archives de Josselin.

(2) Id.

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