‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 85 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de M. Bliard{l) pour se faire une idée de la répression que Prieur de la Marne, le délégué du Comité de Salut Public dans le Morbihan, et ses agents, surent appliquer en cette circonstance. Guermeur, secondé par le général Gillibert, fut principalement chargé d'opérer dans la région de Saint-Jean-Brevelay, Guéhenno, Bignan et communes adjacentes. Comme pour s'emparer des prêtres insermentés et des émigrés, des battues furent oganisées de tous côtés. <( La nuit on enveloppait de troupes les villages où l'on soupçonnait la présence de quelque réfractaire, puis les fouilles commençaient minutieuses et brutales » (2). Il fallait, à quelque prix que ce fût, découvrir les récalcitrants et en imposer aux populations ; aussi, à défaut de recrues, emprisonnait-on les parents. Rien ne fut épargné, on alla jusqu'à tenter, par l'enlèvement de tous les grains, d'affamer la commune de Bignan.

Les Morbihannais se bornèrent d'abord à répondre à la réquisition par les cris de : Vive le roi ! Au diable la Nation ! comme le firent les jeunes gens de Lanouée(3), ou à menacer du bâton les gen-

(1; Prieur de la Marne en Mission dans l'Ouest, 1793-1794 .

(•j) Pierre Bliard, p. Iô4.

(3) Cet inciclent survint le 24 Brumaire an II (U nov.*1793) et fit l'objet d'une dénonciation adressée de Josselin au chef terroriste. Les malheureux gars de Lanouée furent terriblement châtiés de leur

(larmes dans les foires et les assemblées ; mais bientôt les qui^ielles s'envenimèrent, on en vint aux balles et aux coups de sabre, cela arriva à Mangoleriant, et à Locmaria en Plumelec. Cette émeute de Locmaria survenue le 13 octobre 1792 eut un certain retentissement, deux ou trois gendarmes trépassèrent des suites de coups, et pour chercher les séditieux, trois cents hommes, conduits par deux commissaires, arrivèrent le lendemain de Vannes.

Dans le département, la première attaque qui mérite véritablement ce nom fut celle de Collédo, motivée par l'arrestation de l'abbé Le Clerc, curé de Saint-Jean-Brévelay. Le 8 octobre 1893, un détachement de quatre-vingts bleus, qui, de Josselin, avait été cueillir à son presbytère le curé de Saint-Jean, regagnait sa garnison, quand à la hauteur du bois de Collédo, ou plutôt entre ce bois et la chapelle de Kerlen, trente hommes surgissant d'un fourré se précipitent sur les troupes, les mettent en fuite et délivrent le prêtre.

Pierre Guillemot était l'auteur de ce coup de

franchise de langage. Prieur, le lendemain, prescrivit : « Il faudra requérir le tribunal criminel de s"y transporter (à Josselin) et d'instruire le procès de ces scélérats, qui ne doit durer que vingt-quatre heures. » Arch. Dép. Morb.

Toujours la persuasion par les armes ! elle triompha parfois des répugnances, mais ne réussit jamais à calmer les esprits.

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