CHAPITRE IX
fait et elles sont récalcitrantes. Jugez de la crise efïrayante dont nous sommes menacés. »
Enfin satisfaction est donnée à la demande, mais cette mesure n'assurait que l'approvisionnement de la troupe et non des habitants ; aussi quelques mois plus tard, nouvelle disette, les appels de secours recommencent : « L'idée de la triste situation des habitants de la ville est inquiétante ; vous le croirez facilement, puisque vous avez délivré déjà du seigle du grenier des subsistances militaires, et sans ce secours les habitants seraient affamés. » Après les grains, ce fut le fourrage qui manqua. L^approvisionnement du marché était évidemment rendu très difficile par la fréquence des passages de troupes. Dans les lettres de la municipalité (1), pour une question ou pour une autre, il est sans cesse fait mention de ces troupes qui épuisent les ressources du pays, amènent parfois le désordre dans la ville par leurs vexations et leurs tracasseries, et qu'on a toutes les peines du monde à loger. Aussi, lorsque le général Canuel, qui commandait à Vannes, décida d'établir un camp près de Josselin, les habitants protestèrent énergiquement et menacèrent d'en communiquer au (llomité de salut public,
Archives de Josselin.
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jiif'eant cette mesure non seulement inntilf, mais encore impolitirjue et dispendieuse. (>anuel ne se laissa pas intimider j)onr si peu, se retrancha derrière Prieur de la Mnrne et ajouta que le camp projeté n'était du reste pas destiné à soutenir une attaque, mais bien à garder des prisonniers.
Le château et les bâtiments annexes qui, en outre des détenus, abritaient des troupes, de bonne heure ne suffirent plus à celles-ci; la municipalité fut obligée de racheter les bâtiments de la Retraite et des Carmes, qu'elle avait d'abord vendus, et ces établissements furent dès lors continuellement occupés. Les chevaux trouvèrent abri dans l'église de Saint-Martin et dans la chapelle des Carmes.
Vu cette affluence et l'état de guerre dans lequel se trouvait le pays, il fallut créer un hôpital militaire à côté de l'hôpital civil ; malgré ces deux hôpitaux, l'an 111, il y avait tellement de malades et de blessés que, pour parer à l'encombrement, le général Champeaux proposait de faire évacuer toutes les salles basses du château, où se trouvait ramassé le grain, afin d'y placer des malades. Un atelier important de chaussures de troupe existait à Josselin.
L'on sait le suprême effort des émigrés pour débarquer à Quiberon, l'on connaît trop aussi les