‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 92 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

qui nous avaient précédés, et les rejetant des deux côtés, nous le traversâmes l'arme au bras, sans sourciller et même sans avoir reçu de blessure. Rendus sur une place au centre de la ville, nous reçûmes une décharge de coups de fusils d'une maison voisine qui blessa deux hommes et en tua deux autres à côté de moi, mais dont aucun n'était des miens. Je fis briser les portes et mettre le feu dans la maison, qui était occupée par la gendarmerie ; m'occupant ensuite de faire enlever les blessés, je reçus l'ordre d'évacuer la ville par la route de Ploërmel. »

Tandis que Tinténiac, absolument dépourvu d'artillerie, voyait tous ses efforts échouer, les insurgés, presque invulnérables derrière leurs murs protecteurs, faisaient brèche dans les rangs des ciicuans. La surprise de Rohu n'ayant pas réussi, dans la circonstance actuelle, il était inutile d'insister. « Tinténiac somma en vain les républicains de se rendre ; en vain, le feu fut-il mis à une maison occupée par des gendarmes et qui était à la porte Saint-Martin, cette porte résista ; et inutilement aussi les chouans prodiguèrent leur temps et leurs cartouches contre les tours et les murs (1) ». Ploërmel venait, par une

(1) La vie de Georges Cadoudal, par son neveu, du même nom.

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attaque sur les dcrnères (h; la division de (ieorges Cadoudal, au secours de Josselin ; le général chouan se retira vers six heures du soir, emportant une assez grande quantité de blessés. L'action s'était engagée vers une heure de l'après-midi, elle avait donc duré cinq heures.

« Notre faible garnison et notre garde nationale se sont comportées en cette occasion en vrais républicains, leur conduite est au-dessus de tout éloge et leur zèle est en quelque sorte augmenté, » disait le rapport du commandant de Josselin. L'officier demandait des armes pour remplacer les fusils de chasse des gardes nationales, fusils qui, en grand nombre, avaient « crevés dans les mains des habitants ». Les munitions étaient épuisées et il fallait également, au plus tôt, au moins 20000 cartouches et un millier de pierres à feu pour oOO hommes qui composaient la garnison (I).

De Josselin, l'armée rouge, on apj)elait ainsi la colonne de Tinténiac, prit la route des Côtes-duiNord ; mais à la Trinité-Porhoët, elle fut rejointe par le général Champeaux, qui, avec 300 hommes, surveillait la campagne. L'action fut vive et opiniâtre ; à la fin les troupes républicaines cédèrent

(1) Archives de Josselin.

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