‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 94 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de Josselin ; ils se trouvèrent bientôt en face de la légion d'Auray (celle de Cadoudal) qui brûlait du désir de combattre. Les bleus voulurent se faire un passage et soutinrent la charge assez longtemps, mais enfin ils furent battus ; les braves gars d'Auray les poursuivirent au-delà du Mont (1) et firent plusieurs prisonniers qui furent tous fusillés, sans excepter l'officier qui les commandait. » Cette sévérité n'était qu'une légère riposte aux cruautés des contre-chouans.

Devant ces attaques incessantes, la force armée qui occupait Josselin gardait une attitude de surveillance défensive, et l'autorité municipale prenait toutes les mesures nécessaires pour parer aux éventualités d'un nouveau mouvement contre la ville (2). La garnison est renforcée, les cloches transformées en munitions, des corps de garde établis à chaque porte (de Saint-Nicolas, de Saint- Martin, du Lion d'Or ou de Pontivy), les murs de l'enceinte réparés et consolidés. Ce travail devient un service commandé et toute la population y prend part ; voici une de ces réquisitions datée du 20 germinal an IV : Tous les habitants, compris dans

(l) Cette affaire fut désignée sous le nom du Mont Guehenno. Archives de Josselin.

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rcncciiite de la ville cl ceux clii faubouri: Saint- Nicolas, sont l'cqnis de se rendre demain aii\ hnit heures précises du matin et après déjeuné avec pelles, pioches, ruches et autres instruments nécessaires aux travaux des fortifications de la place. Tout individu qui s'y refuserait serait regardé comme ennemi de la liberté et traité comme tel, conformément à l'ordre du citoyen Falba commandant militaire de l'arrondissement. — L'Administration municipale à Josselin.

Quelques jours après, c'est le tour de tous les citoyens des faubourgs Glatinier et Sainte-Croix. L'année suivante (30 pluviôse an V), le Commissaire du Directoire Exécutif établi à Josselin écrit aux administrateurs municipaux : « La guerre civile paraît totalement finie, mais il faut avoir devant les yeux cette maxime : La sûreté publiqne dépend des précautions.

Ma remontrance vous intéresse plus que moi, vous demeurez dans l'enceinte et mon patriotisme m'a fait dès le commencement de la révolution acheter le cidevant presbytère de Saint-Martin où je demeure, il est isolé et en quelque sorte hors des fortifications. Vos fortifications se démolissent insensiblement, les pierres des petites portes, celles des jardins de toutes les douves qui avaient été maçon-

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