‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 95 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

nées ont été et sont arrachées une à une, vos grandes portes de ville ne pourront bientôt plus se fermer ; vous serez en un mot, aussi peu à l'abri dans peu de temps, qu'avant la Révolution.

Quel est citoyens, le but de ces démolitions suivies? Je l'ignore, mais je l'appréhende. Votre ville s'est couverte de gloire le 28 Messidor an III. Votre ville a par conséquent tout à craindre de la vengeance liberticide ; votre ville ne peut donc trop se précautionner et vous devez veiller sans cesse et prendre tous les moyens d'assurer la tranquillité de vos administrés. 11 faut nommer des commissaires pour faire la visite de vos fortifications et sur leur rapport vous prendrez toutes les mesures pour leur rétablissement. Les réparations faites, des patrouilles empêcheront leur démolition, et la punition des fauteurs pris maintiendra les mal intentionnés. » Signé Elu:,

Pour rappeler encore le respect que les Josselinais doivent à leurs murailles d'enceinte, des bannies sont faites plus tard, an VIII, dans ces termes : Le Maire de la commune, informé qu'il s'est commis des dégradations aux fortifications et aux ouvrages de défense de la ville, fait défense à tout citoyen d'y porter atteinte, sous peine d'être traduit devant les tribunaux. Les pères et les mères seront res-

ponsal)les des dégradations commises par leurs enfants. —

Au dehors, afin de dégager les voies de communications et éviter toute surprise, ordre est donné d'abattre les arbres, bois, hayers et fossés, à la distance de cent toises des routes. Au dedans les portes de la ville sont fermées à huit heures, le portillon ou petite porte des piétons restant cependant libre jusqu'à dix heures ; mais à partir de cette heure tout passage est formellement interdit, de même qu'il est défendu, sauf raison urgente, de circuler la nuit dans les rues. Les patrouilles doivent arrêter toute personne trouvée dans la ville après dix heures ; les consignes sont formelles à cet égard et rigoureuses.

Du reste, les malheureux habitants devaient plutôt éviter de sortir de chez eux, non tant par crainte des rondes militaires que des patrouilles de malfaiteurs. Tantôt ce sont les brigands qualifiés de contrechouans qui saisissent des personnes sortant de la ville pour affaires ; tantôt ce sont les soldats mêmes de la garnison qui se postent au-delà des portes afin de dévaliser les braves gens venant s'acquitter de leurs contributions (1).

. (1) Archives de Josselin.

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