‹ Essai sur le PorhoëtChapitre 98 sur 113 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

retournés à la charrue, mais leurs convictions n'avaient jamais changé; ils le prouvèrent en 1815, dès que le débarquement de Bonaparte fut connu. La province de nouveau se leva dans un élan spontané ; Desol de Grisolles ayant été appelé à prendre le commandement dans le Morbihan ; la légion de Bignan reçut pour chefs, le Theïs, l'ancien compagnon d'armes de Guillemot, et la Goublaye comme lieutenant-colonel, pour chefs de bataillons : François Guillemot, fils du roi de Bignan, Mathurin Gambert et de Castel. Les chouans occupèrent aussitôt les principaux centres, et les populations les reçurent partout avec enthousiasme. Le 30 mai, larmée principale, sous les ordres du général Desol, marchant sur Pontivy, s'empara de Ploërmel, et prit la route de Josselin. « Les jeunes gens sachant qu'ils y seraient reçus à bras ouverts, ils s'y rendirent à la course. Le soir la ville fut illuminée, et sur l'invitation des habitants l'armée y séjourna le 31 (1). » La paix dans rOuest, heureusement ne fut que menacée ; Tordre se rétablit de lui-même après la ruine des ambitions du héros Napoléonien, qui au prix de tant de vies humaines n'avait su donner à la France qu'une gloire éphémère.

(1) Guillemot, Lettres à mes neveiix.

218 ESSAI SUH LE POF^IIOi'T.

Les droits féodaux abolis, les Kohaii perdirent toutes les prérogatives attachées au titre de comte de Porlioët et dépendant de leur suzeraineté sur cette vieille terre de famille. La propriété cependant resta un droit respectable, à condition toutefois qu'il ne fût exercé par un émigré. Aussi, le duc de Rohan, Louis- Antoine-Auguste , qui n'était point sorti de France depuis 1791, tenta-t-il de se faire indemniser de l'accaparement de son château de Josselin par la Nation.

A l'époque des premiers troubles (mars 1793), les administrations du district et de la municipalité s'étaient installées dans certains appartements, abandonnant le reste à une affectation très variable. Des locaux furent réservés aux suspects que la tour solitaire ne pouvait abriter, et même, nous avons assisté à un envahissement temporaire par des détenus étrangers ; les grandes salles servirent de casernement aux troupes de passage ; les greniers furent transformés en magasins d'approvisionnements militaires.

Le citoyen Gaillard, agissant pour le duc de Rohan, remontra aux citoyens municipaux que

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