LIVRE IL — CHAPITRE V
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telles vacances; et par conséquent le grand nombre a dû passer la jeunesse dans le célibat, ou s’exposer au risque évident de mourir de l'aim eux et leurs familles. C’est ici un cas semblable à celui de la Nonvègc, et auquel nos principes s'appliquent avec plus de précision, à cause de l’égalité observée entre les morts et les naissances.
Si par malheur, un père , dans ce village, a eu une famille plus nombreuse qu'à l’ordinaire, il a dû en résulter une tendance à diminuer lé nombre des mariages plutôt qu’à l’accroître. Ce père, avec de l’économie, aura pu réussir à nourrir chez lui tous ses enfants, quoique problement il n’ait pu leur donner de l'emploi sursoit propre fonds; mais il est évident que ses enfants n’ont pu le quitter que fort tard. Il est probable que le premier d'entr’eux qui se sera marié n’aura pu former une telle union qu’après la mort du père. Au contraire, si celui-ci n’avait eu que deux fils, l’un des deux se serait marié peut-être sans quitter la maison paternelle, et l'autre après la mort de son père. Il parait que l’on peut dire en général, que l’absence ou la présence de quatre personnes non mariées fera, qu’il y aura ou qu’il n’y aura pas place pour un autre mariage, ou pour l’établissement d’une nouvelle famille.
Comme, danscéttc paroisse, les mariages, à peu d’exceptions près, ont dû être fort tardifs; et comme cependant, en vertu de la salubrité du lieu, ces unions tardives ont dû être dissoutes fort tard par la mort, il est évident qu’une partie considérable des mariages, qu’on a pu y observer à la fois, a dû être inutile pour la population , à cause de l’âge avancé auquel les femmes étaient parvenues. Aussi voyons-nous que le nombre des mariages existant à la fois a été trouvé , avec les naissances annuelles , dans un rapport qui est hors du cours ordinaire des choses, savoir, comme 12 est à 1. Les naissances ne montaient qu’à la 49“ partie de la population; et le nombre des personnes au-dessus de 16 ans était au nombre de celles au-dessous de cet âge à peu près comme 5 est à 1 ’.
I’ar forme de contraste, et pour faire voir combien peu on doit compter sur les calculs de population qui se fondent sur le nombre des naissances, M. Muret cite la paroisse de Saint-Cergue, dans le Jura, où les mariages existants sont aux naissances annuelles dans le rapport de 4 à 1; où les naissances sont la 26“ partie de la population ; et où le nombre des personnes au-dessus et au-dessous de 16 ans est précisément le racine *.
' llcm. de la Soc. conom de Berne, pour 1766, p I ! et ! 2. — ’ Jh’d