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Si l’on estimait la population de ccs paroisses parles naissances annuelles, dit cet auteur, on croirait que Leyzin ne l’emporte sur Saint- Ccrgue que d’un cinquième au plus; tandis que, par un dénombrement exact, on a trouvé la population du premier de 403, et celle du second de 171
« J’ai choisi, dit-il, les paroisses où le contraste est le plus frappant ; mais, quoique la différence soit moins remarquable dans les autres , on trouvera toujours que, d’un endroit à un autre, souvent très voisin, et situé de même en apparence, les proportions varient considérablement’. »
Il est étrange qu’après avoir fait ces observations et d’autres semblables que je supprime, cet auteur infère du seul rapport des naissances la dépopulation du Pajs-de-Vaud. Il n’y a cependant aucune raison de croire que ce rapport n’ait point varié à différentes époques, comme il varie eu différents lieux. Le contraste observé dans la fécondité des deux paroisses de Leyzin et de Saint-Cergue dépend de causes que le temps et les circonstances peuvent modifier. Le grand nombre d'enfants, qui à Saiut-Cergue atteignent l’àge mûr, prouve que la salubrité de ce lieu n’est pas fort inférieure à celle de Leyzin1. Le rapport des naissancesiaux morts y est de 7 à 4 * ; mais comme le nombre total des habitants ne s’élève qu’à 1 71 , il est évident qu’un tel excès de naissances n’a pas été ajouté régulièrement à la population de cette paroisse, pendant le cours des deux siècles qui ont précédé. 11 faut donc que cet excès soit dû à quelque amélioration subite de l’agriculture ou du commerce , ou bien à la pratique de l’émigration. Celte dernière cause me semble la plus probable, et elle me parait confirmée par ce qui a été remarqué, comme je viens de le dire, sur le petit nombre des adultes par rapport à la population totale. Cette paroisse est située dans le Jura, sur la grande route de l’aris à Genève. Cette position a dû rendre l’émigration plus facile ; en effet, elle parait avoir jeté dans les villes et le plat pays une partie des habitants de cette paroisse féconde, et en avoir fait sortir beaucoup d'adultes qui, faisant place à de nouveaux mariages, ont encouragé par leur retraite l’augmentation des familles.
L’usagede l’émigrationdansunc paroisse nedépend pas uniquemenlde sa situation, mais probablement aussi de quelques circonstances accidentelles. Je ne doute pas que trois ou quatre émigrations, couronnées par
' Mfm. de la toc. (conam. de Berne pour 1760, p. il. — 7 Ibid., p. 13. 7 Ibid., table XIII, p. 120. — ' Ibid., table I, p. 11.