‹ Essai sur le principe de populationChapitre 11 sur 368 · IVKE 1. —CHAPITRE I · texte numérisé non relu

IVKE 1. —CHAPITRE I

position paraîtra excéder les bornes que l’on peut raisonnablement assigner h un tel accroissement de produit.

Dans les vingt-cinq années qui suivront, il est absolument impossible d’espérer que le produit suive la même loi , cl qu’au bout de cette seconde période, le produit actuel se trouve quadruplé. Ce serait heurter toutes les notions que nous avons acquises sur la fécondité du sol. L’amélioration des terres stériles ne peut être que l’effet du travail et du temps; et il est évident, pour ceux qui ont la plus légère connaissance. de cet objet, qu'a mesure que la culture s’étend, les additions annuelles, qu’on peut faire au produit moyen, vont continuellement en diminuant avec une sorte de régularité. Pour comparer maintenant l’accroissement de la population h celui de la nourriture, usons d’une supposition qui, quelqu’inexacte qu’elle soit, sera du moins manifestement plus favorable à la production de la terre , qu’aucun résultat de l’expérience.

Feignons que les additions annuelles, qui pourraient être faites au produit moyen, ne décroissent point et restent constamment les mêmes; en sorte que chaque période de vingt-cinq ans ajoute au produit annuel de la Grande-Bretagne une quantité égale h tout son produit actuel. Assurément le spéculateur le plus exagéré ne croira pas qu’on puisse supposer davantage. Car cela suilirait pour convertir en peu de siècles tout le sol de Pile en jardin.

Appliquons cette supposition h toute la terre : en sorte qu’à la (in de chaque période de vingt-cinq ans, toute la nourriture que fournil actuellement à l’homine la surface entière du globe soit ajoutée à celle qu’elle pouvait fournir au commencement de la même période. C’est plus assurément, que tout ce qu’on a droit d’attendre des efforts les mieux dirigés de l’industrie humaine.

Nous sommes donc en état de prononcer, en partant de l’état actuel de la terre habitée, que les moyens de subsistance, dans les cironstances les plus favorables à l' industrie , ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique.

La conséquence inévitable de ces deux lois d’accroissement, comparées est assez frapjiante. Portons à onze millions la population de la Grande-Bretagne, et accordous que le produit actuel de son sol suflit pour maintenir une telle population. Au bout de vingt-cinq ans , la population sentit de vingt-deux millions; et la nourriture étant aussi doublée suilirait encore à son entretien. Après une seconde période de vingt-cinq ans, la population serait portée à quarante-quatre millions, et les moyens de subsistance u’en pourraient plus soutenir que trente-

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