‹ Essai sur le principe de populationChapitre 113 sur 368 · LIVRE I!. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I!. — CHAPITRE VI

contient une remarque singulière. On y dit que le rapport des mariages à la population est de i à 1 10, et celui des naissances de 1 à d'où l’on conclut qu'un quart de ceux qui naissent parviennent à l'état du mariage. Si cette conséquence était juste , la France ne tarderait pas à être entièrement dépeuplée.

Pour estimer la valeur des vies, l'auteur fait usage des tables de BufTon, qui sont t ou t-à-fait inexactes, puisqu’elles ne sont fondées que sur les registres des villages des environs de Paris. Ces tables ne font la probabilité de vie à la naissance que d’un peu plus de S ans, terme fort inférieur à la moyenne des villes et des campagnes prises ensemble.

Cet ouvrage contient peu de chose au-delà de ce qu’on trouve dans celui de Peucbetque j’ai souvent cité. En tout je n’ai pas trouvé qu’il y eut lieu de changer rien aux conjectures contenues dans ce chapitre, quoiqu’il ne soit pas probable que toutes soient fondées. Quand je

totale de l’an IX, apurée et comparable au tableau des naissances, des mariages et des morts pour la même aimée de 13,0^7,401.

Il ne reste plus maintenant qu’à faire l'application de ces nombres en divisant le total ainsi corrigé par ceux des naissances, mariages et morts indiqués ci-dessus, et l'on trouvera les rapports suivants, qui paraîtront sans doute très petits : Rapport à toute la population des nombres exprimant les Naissances. Mariages. Morts,

les auteurs de cette Statistique ne s'expliquent point là-dessus , et ont négligé de donner ce facile rapprochement, quoiqu’ils aient insisté (p. 130; sur la nécessité de le faire, et qu'ils soient même revenus à la charge (p. 152), comme pour montrer que ce n'était pas par oubli qu'ils l’omettaient.

S’il faut hasarder une conjecture, je dirai qu'il me parait vraisemblable que, soit dans les registres des morts, soit dans ceux des naissances, il y a eu des omissions, et que ces registres ont été en général tenus avec plus de négligence que ceux qu’employait Xecker dans ses calculs. Ce qui semble autoriser ce soupçon, c’est que dans V Analyse des procès-verbaux , etc., de l’an IX, on voit que trois départements se piaigaeiit de la mauvaise tenue des registres de l'état civil. Mais je ne prétends donner aucune importance à cette remarque, et je prie ceux qui peuvent compulser les titres originaux, sur lesquels ces tableaux ont été dressés, de confirmer ou de corriger les résultats que je viens de mettre sous leurs yeux.

M. Malthus m'a écrit à l’occasion .de cette note, qu'il trouvait très probable la conjecture que je viens d’exposer touchant les omissions faites aux registres. Si cette conjecture n’était pas fondée, et que les rapports indiques se trouvassent bien réels, il en faudrait conclure que les rapports des morts et des naissances à la population en France ont bien diminué depuis l'estimation de Xeckcr. A cet égard donc, l'opinion de .M. Malt bus, qui croit que ces rapports sont moindres qu'aux premières années de la révolution, serait bien d'accord avec les tables publiées. Mais certes, celles-ci vont au-delà de tout ce que personne avait droit d'attendre, v Pierre Prrrnst >

suis parti des calculsde M. d'Ivernois relativement aux pertes d’hommes faites par la France pendant le cours de la révolution , je n’ai pas cru m’appuyer sur des faits. Le lecteur peut voir aisément que je n’ai employé ces calculs que comme des exemples propres à éclaircir ma pensée, et nullement comme des données exactes et réelles.

P. S. B. ' — Depuis que ce chapitre est écrit, j’ai eu occasion de voir \' Analyse des procès-verbaux des conseils-généraux de départements, qui rend un compte détaillé et très curieux de l’état intérieur de la France en l’an VIII *. Par rapport il la population, sur 69 départements dont il y est rendu compte, il y en a 16 où la population est accrue, 42 où elle est diminuée, 9 où elle est stationnaire, 2 où la population numérique est restée la même, mais où l’on remarque uue diminution dans la population active. Toutefois , il parait que ces comptes-rendus ne se fondent pas sur des dénombrements effectifs. Or, lorsqu’on n’a point ces données positives, les opinions courantes sur la imputation et la destruction de tant d’hommes en âge de service, doivent disposer â croire que la population est diminuée. Lorsqu’on juge de cet objet sur la simple apparence, 100 enfants substitués à 100 hommes faits frappent moins les regards. Je ne serais donc pas surpris que, lorsqu’on aura achevé les dénombrements pour l’an IX, la population parût en totalité n’avoir souffert aucune diminution *. Dans quelques comptes-

1 Ce post-scriptum , mis en note par les traducteurs , a été encore placé ici comme fin et complément du chapitre. [Jpl i. G.)

* Il est probable que l’auteur a désigné l'an VIII au lieu de l'an IX, j'ai reconnu toutes ses citations dans l'analyse des procès-verbaux, etc. , pour l'an IX. ( Pierre Prévost.)

' J'ai sous les yeux, comme je viens de le dire, V Analyse, etc., pour lasession de l'an IX, et j'y vois, comme je l'ai annoncé, A la récapitulation du 7° chapitre (p. 807), précisément les mêmes résultats que cite l'auteur. Bu reste, dans cette Analyse, on ne trouve point les états de population ni leurs résultats. Ces états sont requis dans l'Instruction du ministre (p. 10), en ces termes : « On constatera l'état de la population ; ou la comparera à ce qu elle était en 1789 et en l'an VIII ; on indiquera les causes des changements survenus eu plus ou en moins. On ne peut trop prendre de précautions pour n'avancer que des faits positifs et bien prouvés. » C'est de ces états sans doute qu'ont fait usage les auteurs de la Statistique de la France , publiée par lier binen fan XII (1805). On trouve dans celte Statistique (t. I, p. 120), pour dernier résultat, une grande augmentation de population. Car tandis qu'en 1783 Neclicr ne comptait par lieue carrée que 916 habitants, il résulte des calculs de l'an IX et X, qu'il y a par lieue carrée 1086 habitants. Dans ces états ne sont pas compris le Piémont et l'Ile d'Elbe. Mais on y a compris plusieurs départements nouveaux, qu’il faut évidemment déduire si l'on veut faire une comparaison de 1 785

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