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L1VIIF. II. — C.llAI’lTnE VIII.
cune antre cause. » En conséquence , le docteur Short propose d’imposer de grosses taxes et même des amendes aux célibataires, et d’en employer le produit h l’entretien des pauvres qui se marient
L’observation de ce juge distingué est fort juste, en ce qu’elle s’applique aux naissances prévenues; mais il n’en est pas de même de la conséquence qu’en tire l'auteur, qu’on doit punir les célibataires. Il s’en faut de beaucoup sans doute que la puissance de peupler se déploie dans toute sa force en Angleterre. Et cependant, lorsque nous réfléchissons que, dans ce pays, le prix du travail est trop bas pour nourrir une famille nombreuse; que la pauvreté, directement ou indirectement, y est une cause active de destruction ; lorsque nous songeons en particulier au grand nombre d’enfanis qui y sont enlevés par une mort prématurée dans les grandes villes, dans les fabriques et les ateliers, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître que, si chaque année celte mortalité extraordinaire ne prévenait reflet des naissances, il faudrait que les fonds destinés à payer le travail s’accrussent beaucoup plus rapidement qu’ils n’ont jamais fait encore, pour suflire aux besoins de cette nouvelle race d’hommes, qui, dans l’état présent, ne passe pas les limites de l’enfance.
Ceux donc qui vivent dans le célibat , ou qui se marient tard , ne diminuent point par cette conduite la population du pays; iis diminuent uniquement le nombre des morts prématurées, qui, si tousse mariaient, croîtrait sans mesure. Envisagés sous cet aspect, les célibataires ne semblent pas mériter de graves reproches.
On croit, sur de bonnes raisons, que les états des morts et des naissances sont incomplets, et ces omissions rendent incertains les résultats qu’on en peut tirer.
Si l’on divise la population totale de l’Angleterre et du pays de Galles par la moyenne des sépultures, pour les cinq années terminées en 1800, on trouve une mortalité de ! sur 49’. Ce rapport est si petit, vu le nombre des grandes villes et manufactures de ce pays, qu’il s'éloigne évidemment de la vérité.
Quel que soit le rapport exact des habitants des villes à ceux des campagnes, on ne peut douter que la partie méridionale de l’ile ne doive être rangée dans la classe des pays où ce rapport surpasse celui de 1 à 5.
1 New Obi. on bitU of mortality , p. 2(7, in-S», 1730.
’ l a imputation est estimée à 9,188, ooo, et les morts annuelles sont portées au nombre (le ISO, non. ( Olitrrr . on the rrtullt o[ popul. Ad, p. fi et 9.) (fiole de l'aulcur.)
DigitiZ'
Il y a même (le bonnes raisons de croire qu’il surpasse celui de 1 à 2. En conséquence, d’après la règle élablie par Crome, la mortalité devrait s’élever au-dessus du rapport de 1 à 50'; et selon Susstnilcli, de \ à 53’. Dans les Observations sur les résultats de l’acte relatif à la population”, on fait mention de plusieurs causes probables d’inexactitude dans les registres des sépultures ; mais on ne donne aucun calcul approximatif de tout le déficit que celte inexactitude peut produire, et je manque entièrement de données pour suppléer à celte omission. Je me bornerai donc à observer ici que si l’on sup|>ose, par l’effet de ce déficit et de toutes ces inexactitudes, la mortalité annuelle eu Angleterre d’environ I sur 40, on fixera le rapport le plus petit qui puisse avoir lieu réellement dans les circonstances où ce pays se trouve placé. Si ce ra|>— port existait réellement, il attesterait une singulière supériorité sur presque toutes les autres nations, soit dans les habitudes de prudence et de propreté, soit dans la salubrité naturelle de l’air et du sol Et véritablement il est probable qu’en Angleterre, l’une et l’autre de ces causes agit avec beaucoup d'énergie pour diminuer la mortalité. Le rapport des mariages annuels, que nous avons cité ci-dessus, est si petit”, qu’il indique des habitudes de prudence très favorables au bonheur, nonobstant l’eiïet contraire que les lois sur les pauvres doivent nécessairement produire. Et quant à la salubrité, il est certain que
1 l'ber die Bvœllterung der Eurojneitchen Slaaten, p. 127.
1 Sussmilch, Gœtt/iche Ordnung, ni]. lit, p. 60.
* Obi. on lhe results of tbe poput. Art, p fi.
4 II n'est pus étonnant que la imputation tic l'Angleterre ait été estimée trop bas, du tnoinspar ceux qui la calculaient d’après le nombre des naissances ou des morts. Jusqu'à l'époque du dernier acte relatif à la population, personne n'aurait imaginé que les comptes-rendus îles morts annuelles, qui ne doivent pas être naturellement moins exacts que ceux des autres pays, présenteraient pour résultat moins de la 49' partie de la population. Si les décès en France, dès 1780, avaient été multipliés par 49, il en serait résulté pour ce pavs-là une population «le plus de 40 millions, puisque le nombre moyen des morts annuelles était de 188,491 . Necker, Dr l’administrntion des finances, l. I, ch. IX, p. 233, in-12, 1783. [Sole de l’auteur.)
J’ai fait voir au chapitre précértenl(p. 223, note) que les comptes-rendus de l’an IX et X, dont les résultats ont été publiés, établissent, pour la Fraucc, le rapport des décès à la population totale de. 1 à 58 1/2. Il est probable qu’il y a de l'inexactitude daus ce résultat, comme dans celui des comptes-rendus relativement à l'Angleterre, et que les uns et les autres font la mortalité trop petite. ( Pierre Prévoit.)
’ Si l’on pouvait avoir confiance aux résultats publiés des comptes-rendus en France pour l’an IX et X, les réfiexious de l'auteur s'y appliqueraient à bien plus forte raison, puisque ces résultats donnent le rapport des mariages à la population totale de 1 à 137. V oyez la note du ehapi're VI, p. 223. (P. Prévost.)