LIVRE II. — CHAPITRE VIII
presque toutes les paroisses de campagne en jouissent. Le docteur Price cite un compte du docteur Percival, fondé sur les notes fournies par les ministres de différentes paroisses, et reposant sur des dénombrements effectifs, d’après lesquels il parait : que la mortalité annuelle est dans quelques villages de 1 sur 45, ou 50, ou 60, ou 66, et même de 1 sur 73 ; que dans plusieurs de ces paroisses, les naissances sont aux morts comme 2 est à 1 , et dans une seule paroisse, comme o est b 1 1. Toutefois ce sont là des cas particuliers qu’on ne peut immédiatement appliquer à toute la partie agricole du royaume. Dans quelques situations du plat pays, et surtout près des marais, le rapport est fort différent ; on a même trouvé un petit nombre de paroisses, où les morts surpassent les naissances. Dans les 54 paroisses de campagne, dont le docteur Short a compulsé les registres et qu’il a choisies à dessein dans des situations très variées, la mortalité moyenne a été trouvée de 1 sur 57*. Ce rapport est certainement beaucoup plus grand que celui de la mortalité actuelle des paroisses de campagne en Angleterre. La période prise par le docteur Short pour en tirer sa moyenne, comprenait quelques années de grandes épidémies, qui peut-être allaient au-delà du nombre commun; du reste, il faut toujours comprendre les années malsaines dans les calculs de cette nature, sans quoi l'on commettrait de grandes erreurs. Dans 1,056 villages du Brandebourg , que Sussmilch a observés pendant 6 bonnes années, la mortalité a été de 1 sur 45; et pendant 10 années mêlées, elle a été d’environ 1 sur 58 1/2*. Dans les villages d'Angleterre mentionnés par le chevalier F. M. Eden, la mortalité parait être de 1 sur 47 ou 48* ; et dans les derniers comptes, qui ont été rendus en conséquence de l’acte sur la population, la mortalité parait être encore moindre. En combinant ces observations, on trouvera que la moindre mortalité que l'on puisse supposer avoir lieu dans les parties du pays consacrées à l’agriculture, en y comprenant les saisons malsaines, ne peut pas être estimée au-dessous de 1 sur 46 ou 48; mais cette mortalité doit certainement s’élever jus-
1 Priee't Obi. on revert, paym., vol. Il, note, p. 10. firstaddit. F.ssay, 4th. édit. Dans les paroisses particulières, on doit peut-être avoir plus de confiance aux communications faites pardcsimplcs particuliers qu'aux comptes-rendus au gouvernement; parce que les particuliers ne s'adressent en général qu'aux pasteurs qui ont à cœur ce sujet, et qui, par-là même, mettent plus de prix à l'exactitude. [Noie de fauteur.)
* Acte Obi. on billt of morlaüly. table IX, p. 153.
1 Galllichc Ordnung, vol. I, ch. Il, sect. XXI, p. 74.
* Etlimalr of Ibe numàer n[ inhnbilanlt id Gréai Brilain.
OUSTACIJiS A LA ÎOPULATION EN ANGLETERRE. 241
qu’à 1 sur 40, lorsqu’on y comprend celle des villes et des parties du pays vouées aux manufactures, et que l’on se propose d’obtenir la moyenne de tout le royaume.
La mortalité de Londres, qui est une partie si considérable de celle de tout le pays, était, selon Price, au temps où il en faisait le calcul, de 1 sur 20 5/4; celle de Norwich, de 1 sur 21 1/2; de Norlhampton , 1 sur 26 1/2; Nevvbury, I sur 27 1/2'; Manchester, I sur 28; Liverpool,
I sur 27 1/2 \ etc. 11 observe que le nombre de ceux qui meurent annuellement dans les villes est rarement au-dessous de 1 sur 28, en exceptant les cas où il y a dans une ville un rapide accroissement de population , produit par l’allluence d’un grand nombre de personnes de l’âge où l’on meurt le moins, comme cela a lieu à Manchester, à Liverpool =, et dans d’autres villes où il y a des manufactures florissantes. Cet auteur croit qu’on peut tixer d’une manière générale la mortalité des grandes villes entre 1 sur 19* et I sur 22 ou 23; celle des villes moyennes entre 1 sur 21 et 1 sur 28; et celle des villages ou campagnes entre 1 sur 40 et 1 sur 50*.
On opposera peut-être à ces calculs le penchant du docteur Price à exagérer l’insalubrité des villes; cependant cette objection semble n’a- Voirde force que relativement à la ville de Londres. Les comptes-rendus des autres villes sont donnés d’après des documents sur lesquels l’opinion particulière de l’auteur ne pouvait avoir aucune influence*.
II faut remarquer néanmoins qu'il y a lieu de croire que Londres et quelques autres villes d’Angleterre, et probablement même quelques villages, étaient moins salubres au temps où ces calculs ont été faits, qu’ils ne le sont à présent. Le docteur W. Ileberden remarque» que les registres des dix années, de 1759 à 1708, employés par Price pour calculer les probabilités de vie à Londres, indiquent un plus haut degré
1 Price’ t Obi. on revert paym., vol. t, note, p. 272.
’ Ibid., vol. Il, first nddit. Estay, note, p. 4. — 5 Ibid.,
' La mortalité A Stockholm était, selon V argentin, de l sur 19. (AT. de l'auteur.) 5 Obt. on revers paym., vol. Il, tir -t add. Estay, p. 4.
* L’estimation delà population et de la mortalité de Londres , avant le dentier dénombrement, était en grande partie tin objet de conjecture et d’opinion, à cause des grands déficits reconnus dans les registres .• mais il n’en était pastout-à-fait de même des attires villes nommées ici. Le Dr Price, en faisant allusion à la diminution qu’il croyait avoir lieu dans la population, sujet sur lequel il parait avoir commis une très grande erreur, dit ingénument, qu’il peut bien avoir été insensiblement entraîné à soutenir une opinion qu’il avait une fois avancée. (A oie de l'auteur.
’ lncreate and decreate of dilates, p. 32, itt-4", 1S01 .
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