LIVRE II. — CHAPITRE IX
accroissement de 9,287,000 à 10,488,000; cependant i! n’est pas probable que l’accroissement ait été beaucoup moindre que celui qui est indiqué par le taux des naissances aux deux époques. Il faut donc avoir quelque égard aux omissions qu’il peut y avoir eu dans les registres , surtout ceux des naissances, qui sont connus comme très peu corrects.
Il y a lieu de croire qu’il ne se trouve que peu ou point d’omissions dans le registre des mariages ; et si nous supposons les omissions dans les naissances d'un sixième, cela donnera un rapport des naissances aux mariages de 4 à 1; rapport qui semble établi d’une manière satisfaisante sur d’autres fondements'. Mais si l’on nous conteste cette supposition, il faudra prendre les omissions dans les morts de manière que l’excès des naissances sur les morts dans les dix ans, s’accorde avec l’accroissement de population estimé par l’accroissement des naissances.
Les naissances enregistrées dans les dix années sont, comme on l’a déjà dit, au nombre de 2,878,906, qui, augmenté d’un sixième, sera 3,358,723. Les sépultures enregistrées sont au nombre de 1,950,189, qui, augmenté d’un douzième, sera 2,1 12,704. Le dernier nombre soustrait du premier donnera 1,246,019 pour l’excès des naissances et l’accroissement de la population dans les dix ans; lequel ajouté à 9, 287, 000, population corrigée de 1800, donnera 10,533,019; 45,000 de plus que le dénombrement de 1810, laissant voir ainsi presqu’exactement le nombre des morts qui doivent avoir eu lieu hors du pays dans l’espace des dix ans.
Ce nombre a été calculé généralement à environ 4 1/4 pour 1 00, sur les naissances mâles; or, dans le cas actuel, on a les moyens de s’assurer avec plus de soin du nombre des individus du sexe masculin morts au dehors pendant la période en question. Dans ces derniers comptes-rendus de population, les naissances et les morts du sexe masculin sont séparées de celles du sexe féminin ; et d’après l’excès des naissances du sexe masculin sur celles du sexe féminin , comparées avec les morts des deux sexes respectivement, il parait qu’il est mort au-dehors 45,000 individus du sexe masculin1.
* Voyez les observations préliminaires sur les extraits de population, page 2S.
* Voyez les extraits de population , 18tt , page 196 de l'extrait des registres de paroisses.
Il est certainement fort extraordinaire que le nombre proportionnel des mâles morts au-dehors de 1800 à 1810 paraisse avoir été plus petit que de coutume; mais comme les registres pour cette période semblent le prouver , c'est d'après cela que j'ai fait mes calculs. (.Yole de V auteur.)
Les omissions supposées dans les naissances et les sépultures semblent donc jusqu’ici répondre très bien aux calculs.
Il reste à voir si les mêmes suppositions donneront un tel rapport des naissances aux morts avec un tel taux de mortalité, qu’elles expliquent aussi un accroissement dans dix ans de 9, 287,000a 10,188,000.
Si l’on divise la population de 1810 par la moyenne des naissances des cinq années précédentes avec l’addition d’un sixième, on verra que le rapport des naissances a la population est de I à 50. Mais il est évident que si la population augmente avec une telle rapidité, la moyenne des naissances pour cinq années, comparée à la population à la fin d’une telle période, doit donner le taux des naissances trop petit; et de plus, il est toujours possible qu’un rapport, qui est exact pour cinq ans, ne le soit pas pour dix ans. Atîn d’obtenir le taux véritable qu'on peut appliquer au progrès de la population pendant la période en question , il faut comparer la moyenne annuelle des naissances pour tout ce temps avec celle de la population pendant le même temps.
Le nombre total des naissances, avec l’addition de 1/6 est, comme nous l’avons déjà établi , 5,558,725 , et la moyenne annuelle pendant les dix ans est 555,872. I,a moyenne de la population ou la moyenne entre 10,188,000 (population de 1810) et 9,287,000 (population corrigée de 1800) est 9,887,000; et ce dernier nombre, divisé par la moyenne des naissances, donnera un rapport des naissances à la population de 1 à moins de 29 1/2, au lieu de 50, ce qui fait une différence considérable.
De la même manière, si on divise la population de 1810 par la moyenne des sépultures pendant les cinq années précédentes, avec l'addition d’un douzième, on trouvera une mortalité environ de 1 à 50. Mais sur les mêmes bases que celles employées pour le calcul des naissances, une moyenne des sépultures pour cinq ans, comparée b la population à la fin de cette période, donnera un rapport des sépultures trop petit; et de plus, on sait que dans le cas actuel, le rapport des sépultures à la population n’a point continué b être le même pendant tout le temps. Dans le fait, les registres indiquent clairement une amélioration dans la salubrité du pays et une diminution progressive de mortalité dans les dix ans; et tandis que la moyenne des naissances annuelles s’est accrue de 265,000 b 297,000, c’est-à-dire de plus d’un huitième, les sépultures ne se sont accrues que de 192,000 à 196,000, e’est-àdire d’un quarante-huitième. Il est donc évidemment nécessaire, pour arriver au but qu’on a en vue, de comparer la moyenne de la mortalité avec la moyenne de la population.