LIVRE II. — CHAPITRE IX
au lieu de 9,168,000; ou si nous regardons comme exact le nombre donné dans le compte-rendu pour 1800, nous verrons, en en soustrayant l'excès des naissances pendant les cinq années précédentes, que la population en 1 795 doit avoir été de 8,825,000 au lieu de 9,055,000. 11 suit de là que l’estimation d’après les naissances en 1795 ne pent être exacte.
La voie la plus siire pour obtenir la population à cette époque est d’appliquer aux registres les corrections ci-dessus mentionnées; et après avoir fait la déduction de 4 1/2 pour 100 sur les naissances du sexe masculin, pour les morts au-dehors, de soustraire l’excès restant des naissances, d’après les comptes-rendus corrigés de 1800. Le résultat sera dans ce cas 8,851,086 pour la population de 1795; ce qui indique un accroissement en cinq ans de 455,9 1 i au lieu de 115,000, comme cela se voit par la table calculée d’après les naissances.
Procédons de la même manière pour la période de 1790 à 1795, en appliquant les corrections précédentes, et en ayant égard aux 4 1/2 pour KM) à déduire des naissances du sexe masculin, pour les morts au-dehors. Nous trouverons que l’excès des naissances sur les morts sera 415,669, nombre qui, soustrait de 8,851,086, population de 1795 d’après l’estimation faite ci-dessus , laisse 8,115,117 pour la population de 1790.
Sur le même principe, l’excèsdes naissances sur les morts, dans l’intervalle entre 1785 et 1790, sera 416,776. La population en 1785 sera donc 7,998,641. Et de la même manière l’excès des naissances sur les morts, dans l’intervalle entre 1780 et 1785, sera 277,544; et la population en 1780 sera 7,721,097.
Par conséquent , les deux tables de la population de 1780 à 1810, seront ainsi :
Table calculée d'après 1rs naissances j Table calculées!' apres l'excès des nais
seulement , dans 1rs observations préliminaires des extraits de population imprimés en 1811.
sauces sur les morts , après avoir eu égard aux omissions dans les registres et aux morts en dehors.
Population en
Population en
9,857,<KX>
Dans la première table , c’esl-à-dire dans la table calculée d’après les naissances seulement , les additions faites à la population dans chaque période de cinq ans sont :
De 1780 h 178’», 60,000 De 1795 h 1800, 113,000
De 1785 à 1790, 659,000 De 1800 h 1805, 660,000
De 1790 à 1795, 580,000 De 1805 à 1810, 660,000
Dans la seconde table , c’est-à-dire dans la table calculée d’après l’excès des naissances sur les morts, après avoir appliqué les corrections proposées, les additions laites à la population dans chacune des périodes de cinq ans sont :
De 1780 à 1785, 277.000 De 1795 à 1800, 456,000
De 1785 à 1790, 417,000 De 1800 à 1805, 550,000
De 1790 à 1795, 416,000 De 1805 U 1810, 651,000
Le progrès de la population d’après celte dernière table parait beaucoup plus naturel et probable que d’après la première.
On ne peut guèrcs supposer que, dans l’intervalle entre 1780 et 1785, l’accroissement de la population ait pu être seulement de 03,000, et que dans la période voisine il ait été de 659,000, ou que, dans l’intervalle de 1795 à 1800, il y ait eu seulement 1 15,000, et que dans la période suivante il y ait eu 660,000. Mais il n’est pas nécessaire d’insister sur des probabilités; les preuves les plus claires peuvent être données pour montrer que, soit que la nouvelle table soit juste ou non, l'ancienne table doit être fausse. Si l'on n’a pas égard aux omissions dans les registres, l’excès des naissances sur les morts dans la période de 1780à 1785 indique un accroissement de 195,000 au lieu de 63,000. El d’un autre côté, jamais les corrections pour omissions dans les registres, telles que l’on pourrait les faire sans sortir de la probabilité, ne donneraient l’excès des naissances sur les morts, dans la période de 1785 à 1790, égal à 659,000. Sans avoir égard aux omissions, cet excès ne monte qu’à 317,406; et si nous supposions que les omissions dans les naissances sont d’un quart, au lieu d'un sixième, qu’il n’y a point d’omissions dans les regjstres des sépultures, et qu’il n’est pas mort un individu au-dehors, l’excès serait encore moindre de plusieurs milliers que le nombre indiqué.
Nous obtiendrions les 'mêmes résultats, si nous estimions le progrès de la population pendant ces périodes par le rapport des naissances aux morts et par le taux de mortalité. Dans la première période , l’accroissement serait beaucoup plus grand que l’accroissement indiqué, et dans l'autre il serait beaucoup moindre.