LIVRE 1. — CHAPITRE II
CHAPITRE II. — des obstacles césérabx Qui s'opposent a l'accroissement de
LA POPLLATION , ET I)E LEUR MANIÈRE u'iUlR.
On peut conclure de ce qui précède, qu’en dernier résultat le grand obstacle à la population est le manque de nourriture, provenant de la différence des rapports que suivent ces deux quantités dans leurs accroissements respectifs. Mais ce grand et dernier obstacle, auquel les autres viennent aboutir, n’agit d’une manière immédiate que dans le cas où la famine exerce ses ravages.
Les obstacles immédiats se composent de toutes les coutumes et de toutes les maladies que peut faire naitre la rareté des moyens de subsistance; en y joignant toutes les causes physiques et morales, indépendantes de cette rareté, qui tendent à enlever la vie d’une manière prématurée.
Ces obstacles à la population, qui agissent constamment, avec plus ou moins de force dans toutes les sociétés humaines, et qui y maintiennent le nombre des individus au niveau de leurs moyens de subsistance, peuvent, être rangés sous deux chefs. Les uns agissent en prévenant l’accroissement de la population, et les autres en la détruisant à mesure qu’elle se forme. La somme des premiers compose ce qu’on peut appeler l 'obstacle privatif ; celle des seconds, Y obstacle destructif.
L 'obstacle privatif' , en tant qu’il est volontaire, est propre à
il ne se fit aucune immigration d'Europe; qu'aucun étranger ne vint s’y établir('). Présume-t-on que les Etats-Unis cessassent d’avoir une population progressive? Accordons que cette progression serait moins rapide que notre auteur ne la suppose. Mais manque-t-on (dans les temps anciens et modernes) d’exemples de populations progressives? M. Godwin lui-méine a conclu des tables suédoises que le nombre des habitants de la Suède double cil cent ans.
Substituons donc la Suède A l’Amérique , et le nombre cent au nombre vingtcinq; les raisonnements porlantsur celte nouvelle base n’en seront pas moins concluants. Les maux qu'il s'agit de provenir seront moins menaçants, moins imminents; mais ils ne seront pas moins réels. (Note des traducteurs.)
1 Malthus a écrit préventive clieck dans le premier cas , et positive chcck dans le second. MM. Prévost ont traduit préventive par privatif; mais on eût tout aussi bien compris la traduction littérale : obstacles préventifs. La seconde dénomination n’est pas heureuse , et il est évident qu'il vaut mieux employer le mot destructif des traducteurs , ou celui de répressif conseillé par M. Rossi. (Jph. G.)
1 Nous donnerons à in Un de loorrige , à l'occasion d'une noie finale des traducteurs , In marche de In population américaine et la statistique de l'immigration; rappelons seulement que les chiffres réunis prouvent que la population a doublé en moins de vingt-cinq ans, que J. -B. Say montre, par un raisonnement très simple (G* partie de son cours,) que la population peut tripler en vingt-six an*-
( Jph O.)