‹ Essai sur le principe de populationChapitre 143 sur 368 · EFFETS. DES ÉPIDÉMIES SUR LES REGISTRES. 2Ï · texte numérisé non relu

EFFETS. DES ÉPIDÉMIES SUR LES REGISTRES. 2Ï

d’après ce qui vient d'èlre dit, que le rapport des naissances aux mariages se trouvât grand, cependant, vu le nombre extraordinaire des mariages, le nombre absolu des naissances ne put manquer d’être très grand. Or, comme le nombre des décès dut naturellement être petit, le rapport des naissances aux morts se trouva démesurément grand, puisqu’il fut de 520 à 100. Un tel excès de naissances égale peut-être tout ce qu’on a jamais pu observer en ce genre sur le sol de l’Amérique.

L’année suivante, 1712, le nombre des mariages dut nécessairement diminuer d’une manière frappante. En effet, presque tous les individus qui avaient atteint l’âge de puberté s’étant mariés l’année précédente, les nouveaux mariages qui se firent cette année-là furent principalement contractés par ceux qui atteignirent cet âge postérieurement à la dernière année de la peste. Toutefois, comme probablement tous les individus nubiles ne s'étaient pas mariés l’année précédente, le nombre des mariages de l'année 1712 comparé à la population se trouve encore considérable, et quoiqu'il ne s’élève pas fort au-dessus de la moitié de ceux de l’année précédente, il est supérieur à la moyenne de la période qui avait précédé la peste immédiatement. Le rapport des naissances aux mariages en 1712, quoique plus grand que l’année précédente à cause du moindre nombre de mariages , n’est pas grand en comparaison de celui qui a lieu en d’autres pays, étant de 5’6 à 1, ou de 50 à 10; mais le rapport des naissances aux décès, quoique moindre que l’année précédente, où les mariages avaient été si fort multipliés, parait fort grand si on le compare à celui qui a lieu en d’autres pays, puisqu’il est de 220 à 100. C’est un excès de naissances qui, calcule d’après la mortalité de 1 sur 56, doublerait la population d'un pays (d’après la table I, p. 292) en 21 1/8 ans.

' Depuis cette époque , le nombre des mariages annuels commence à se régler sur une population diminnée. En conséquence, il tombe fort au-dessous du nombre moyen des mariages qui avait lieu avant la peste, parce qu’il dépend principalement du nombre des individus qui parviennent chaque année à un état où le mariage est accessible pour eux. C’est en 1720, neuf ou dix ans après la peste, que le nombre des mariages annuels devient le plus petit, soit par quelque cause purement accidentelle, soit parce que l’influence de l'obstacle privatif commençait à se faire sentir. A la même époque, le rapport des naissances aux mariages s’élève fort haut. Dans l’intervalle de 1717 à 1721, on voit par les tables que ce rapport est de 49 à 10; et dans les années 1719 et 1720 eu particulier, il est de 50 à 10 et de 55 à 10.

Sussmilch fait remarquer la fécondité des mariages eu Prusse après

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