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la peste, et allègue en preuve le rapport de 50 naissances annuelles pour 10 mariages annuels. H y a les plus fortes raisons de croire, d’après les moyennes générales, qu’à cette époque les mariages en Prusse lurent très féconds. Mais ni le rapport de cette année individuelle, ni même celui de la période, n’établissent sullisainment ce fait là, parce que la grandeur de ces rapports fut évidemment occasionnée par le petit nombre des mariages de cette année et non par le grand nombre des naissances1. Dans les 2 années qui suivirent immédiatement la |>este, tandis que l’excès des naissances sur les morts était si grand, les naissances étaient aux mariages dans un très petit rapport. En calculant par la méthode ordinaire, on en aurait conclu que chaque mariage ne donnait que 2’7 ou 3’G enfants. Dans la dernière période de la table, de 1752 à 1756, les naissances sont aux mariages comme 5 est à 1 ; et dans l’année 1756 en particulier, comme 6'i est à 1. Cependant ou trouve , dans cette même période , que le rapport des naissances aux décès ne surpasse pas celui de 148 à 100. C’est ce qui n'aurait pu avoir lieu, si la grandeur du rapport des naissances aux mariages avait indiqué un nombre de naissances fort supérieur au nombre ordinaire. Ce grand rapport des naissances indiquait donc seulement un nombre de mariages au-dessous de la moyenne.
Les variations dans le rapport des naissances aux décès, qui ont eu lieu à différentes époques pendant la suite des 64 années de la table, méritent une attention particulière. Si l’on prend la moyenne des 4 années qui ont succédé immédiatement à la peste, ou trouve que les naissances sont aux décès dans un rapport plus grand que celui de 22 à J 0. Ce rapport, en supposant la mortalité de 1 sur 36, doublerait la population en moins de 21 ans. Si maintenant nous prenons les 20 années de 1711 à 1731, nous aurons pour rapport moyen des naissances aux décès, à peu près celui de 17 à 10. Ce rapport (selon la table I, p. 292) doublerait la population à peu près en 55 ans ; mais si , au lieu de 20 ans, nous prenions la période entière de 64 ans, le rapport moyen des naissances aux décès ne s’élèverait guères au-dessus de celui de 12 à 10. Ce rapport ne doublerait pas la population en moins de 125 ans. Si l’on comprenait, dans une période trop courte, la mortalité de la peste, ou seulement celle des années d’épidémies, 1736 et 1737, les décès pourraient bien surpasser les naissances , et la population semblerait diminuer.
Sussmilch croit qu’au lieu d’être de 1 sur 36 , la mortalité put bien
' Sussmilch, Gœltlichc Ordnung, vol. I, ch. V, S. LXXXVI, p. 173.
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EFFETS DES ÉPIDÉMIES SUll LES REGISTRES. 289
avoir été réduite eu Prusse, après la peste, à 1 sur 58. Quelques lecteurs trouveront peut-être que l’abondance, occasionnée par les ravages sic ce fléau, aurait dù rendre la différence encore plus sensible. Le docteur Sbort a remarqué qu’a une grande mortalité succède presque toujours une salubrité remarquable Je ne doute pas que celle observation ne soit juste, lorsqu’on compare eutr’eux les mêmes âges; maison sait assez que, même dans les circonstances les plus favorables, les enfants au-dessous de 5 ans meurent en plus grand nombre que les individus d’un âge différent, ür, à la suite d'une mortalité, le nombre proportionnel des enfans est fort au-dessus du nombre ordinaire; et cette circonstance contrebalance au premier moment la salubrité naturelle de cette époque; elle est cause que la différence dans la mortalité générale est moins frappante.
Si l'on divise la population de la Prusse après la peste par le nombre des morts, en 1711, on trouve la mortalité h peu près de 1 sur 51 . Elle augmenta donc plutôt que de diminuer. Cela vient du nombre prodigieux d’enfants qui naquirent cette année-là. Celte mortalité accrue dut certainement cesser quand les enfants qui l’occasionnaient atteignirent tin âge où la vie est moins chancelante ; et alors probablement se vérifia l'observation de Sussmilch. En général, cependant, on observe que l’efl'et d’une grande mortalité, dans les années immédiatement subséquentes, est plus sensible sur les naissances que sur les décès. En consultant la table , on voit que le nombre des morts annuelles croit régulièrement lorsque la population croit, et suit d'assez près'ses variations. Mais le nombre des naissances annuelles n’est pas très différent en différentes époques de la période entière, quoique pendant sa durée la population ait plus que doublé. Par conséquent, il faut que le rapport des naissances à la population totale ait tout-à-fait changé du commencement de cette période à sa fin.
On voit par là combien on doit commettre d’erreurs, en prenant un certain rapport donné des naissances comme base d’estimation de la population d’un pays à une époque passée. Dans le cas présent , cette méthode aurait conduit à croire que la peste n’avait presque point diminué la population , tandis que par le nombre des morts nous aurions jugé qu’elle avait diminué d’un tiers.
On rencontre des variatious de même genre , quoique moins sensibles, dans les rapports des naissances, des décès et des mariages, en parcourant toutes les tables que Sussmilch a recueillies. Comme ceux
1 Ilitlury ofair , scasons, etc., vol. lit, p. 344.
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qui ont écrit sur ce sujet ont souvent fondé leurs calculs, relatifs à des temps passés ou futurs, sur les rapports fournis par un petit nombre d'années, il ne sera pas inutile d’offrir à l’attention du lecteur quelques autres exemples des variations dont ces rapports sont susceptibles.
Dans la marche électorale de Brandebourg ', pendant un espace (le 15 années Unissant en 1712, le rapport des naissances aux décès fut b peu près de 17 à 10. Pendant 0 années finissant en 1718, le rapport fut réduit à celui de 15 à 10; pendant 4 années Unissant en 175(1, il fut de 12 ;t 10; enfin, pendant 5 années finissant en 1759, les morts surpassèrent beaucoup les naissances. On ne donne pas le rapport des naissances à la population totale , mais il n’est pas probable que les grandes variations observées dans le rapport des naissances aux décès soient provenues uniquement des variations dans le nombre des décès. Le rapport des naissances aux mariages se présente comme assez uniforme, ne variant qu’entre ces deux extrêmes, le rapport de 58 à 10 et celui de 55 à 10 : la moyenne est h peu près de 57 à 10. Ces tables n’offrent pas de très grandes épidémies, si ce n’est celle des 5 années qui commencent en 1757. Et au-delà de celte époque les tables ne sont pas continuées.
Dans le duché de Poméranie*, le rapport moyen des naissances aux décès, pendant un espace de 00 aimées, de 1091 à 1750 inclusivement, fut de 158 à 100. Mais dans quelques-unes des périodes de 0 ans, ce rapport s’éleva jusqu’à être de 177 à 100, et de 155 à 100. Dans d’autres, il tomba jusqu'à n’êtreplusquede 121 à 100, et de 150 à 100. Les rapports extrêmes des naissances aux mariages, dans les différentes périodes de 5 et de 0 années, furent 50 à 10 et 45 à 10; la moyenne des 00 ans fut à peu près 58 à 10. Il parait qu’il y eut, pendant la durée de cette période, quelques années d’épidémies, au nombre desquelles il s’en trouva 5 où les décès surpassèrent les naissances. Mais cette diminution de population, qui eut lieu pour un temps, ne produisit aucune diminution correspondante dans les naissances; et les 2 années qui offreut pour les mariages le plus grand rapport de tous ceux que contient la table, sont placées, l’une immédiatement avant, et l’autre 2 ans après une épidémie. Cependant, l’excès des morts ne fut pas grand jusqu’à la période de 5 ans Unissant en 1759, époque où la table est terminée.
Dans la nouvelle marche de Brandebourg ’, pendant 00 ans, de 1095
' Sussmilch, Gœtlliche Ortlnung, vol. I, tables, p. 88. — ' Idem, p. 91. 3 Idem, p. 99.