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n’est nullement égal au tort qu'on fait en l'imposant; et généralement on peut dire que le mal propre k la taxe consiste dans l'obstacle qu’elle oppose k la production, plus que dans la diminution qu'elle occasionne dans la demande. Quant k toutes les marchandises , celles du moins dont la production a lieu ainsi que la demande k l'intérieur, il est certain que la conversion du capital en revenu (effet naturel des emprunts) accroit nécessairement le rapport de la demande k l'offre, et que la conversion du revenu des individus en revenu du gouvernement (l’effet des taxes convenablement imposées), quelque dure qu'elle puisse être pour les individus ainsi taxés, ne peut avoir aucune tendance k diminuer le montant général de la demande. Elle diminuera naturellement les demandes des personnes taxées en diminuant leurs pouvoirs d’acquérir ; mais les pouvoirs du gouvernement et de ses employés augmenteront au même degré que les pouvoirs des personnes taxées auront diminué. Si une terre de 5,000 livres sterling de rente est grevée d’une hypothèque de 2, 000 livres sterling, deux familles, l’une et l'autre dans une très bonne situation pécuniaire, peuvent vivre sur la rente qu’elle donne, et faire loutes deux de grandes demandes , pour des maisons , des meubles, des équipages, des draps, des étoffes de soie, de coton, etc. L'hoinme qui possède la terre est certainement beaucoup plus mal placé que si l’acte d’hypothèque avait été brûlé ; mais les manufacturiers et ouvriers qui fournissent les soies, les draps, les cotons, etc., seraient si loin de profiter de la combustion de cet acte , qu’il s’écoulerait un temps considérable avant que les nouveaux besoins et les nouveaux goûts du propriétaire enrichi eussent rétabli la première demande , et si celui-ci prenait la fantaisie de dépenser sa rente additionnelle en chevaux, en chiens et en gens de service, ce qui est probable, nonseulement les manufacturiers et les ouvriers qui avaient fourni auparavant leurs toiles, leurs draps et leurs cotons, seraient privés d’occupation ; mais aussi la demande substituée serait beaucoup moins favorable k l’accroissement du capital et des ressources générales du pays.
Cet exemple représente, de plus près qu’on ne serait porté k le croire assez, généralement, les effets d’une dette nationale sur les classes ouvrières, et fait sentir la grande erreur que l’on commet en envisageant exclusivement l’accroissement de demande que l’extinction de la dette produirait de la part d’une partie considérable de la communauté , comme si cet accroissement de demande n’était pas contrebalancé , et souvent plus que compensé par la perte de la demande des créanciers et du gouvernement.
Ces observations ne tendent point k faire entendre qu’uue dette ua-
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lioualc ne puisse pas être augmentée au point de devenir très préjudiciable à l’Ktat. La division et la distribution de la propriété, qui est si avantageuse quand elle n’est portée qu’à un certain degré, est fatale à la production quand elle est poussée à l’extrême. la division d’une terre de o, 000 livres sterling de rente tendra généralement à accroître la demande, à exciter la production, et à améliorer l’état de la société; tandis que la division d’une terre de 80 livres de rente sera suivie généralement d'effets directement contraires.
Mais indépendamment de la probabilité que la division de la propriété occasionnée par la dette nationale sera, dans plusieurs cas, portée trop loin, la division même s’opère par des moyens qui quelquefois embarrassent beaucoup la production. Cet embarras a lieu nécessairement à un certain point dans presque toute espèce de taxe; mais, dans les circonstances favorables , il est surmonté par le stimulant donné à la demande. D’après l'accroissement prodigieux du produit et de la population pendant la dernière guerre, on peut bien présumer que le pouvoir de- produire n’a pas été essentiellement arrêté malgré l’énorme montant de la contribution; mais dans l'état des choses depuis la paix, avec un baisse très extraordinaire de la valeur échangeable des produits bruts de la terre, accompagnée d'une grande diminution du moyen de circulation, l’accroissement soudain du fardeau de la taxe doit beaucoup ajouter à l’action des autres causes qui découragent la produc- , tion. Cet effet a été ressenti à un haut degré , mais la détresse qui en est résultée s’est déjà fort adoucie ; et parmi les classes marchandes et manufacturières, où la plupart des individus sont sans occupation , le mal provient évidemment moins du besoin de capital et des moyens de production , que du manque d’un marché pour les ouvrages faits à mesure de leur production ; privation pour laquelle l’abolition des taxes, quelque convenable et même nécessaire qu’elle puisse être comme mesure permaneutc, n’est certainement pas un remède immédiat et spécifique.
Les principales causes de l’accroissement de la pauvreté , indépendamment des crises présentes, sont : premièrement l’accroissement général du système manufacturier et les variations inévitables du travail qui en dépend ; secondement et plus particulièrement, la pratique, qui a été adoptée dans quelques provinces d'Angleterre et qui actuellement se répand assez généralement dans tout le royaume, de payer par l’assistance paroissiale une partie considérable de ce qui serait naturellement dû à titre de salaire.
Pendant la guerre, quand la demande du travail était grande et crois-