LIVRE III. — CHAPITRE VII
de leur propre prudence et de leur propre industrie. 11 en résulte qu’une amélioration à d’autres égards devient comparalivement d’une très faible importance ; et sous la meilleure des formes imaginables de gouvernement, il peut y avoir des milliers de gens sans ouvrage et à moitié morts de faim.
Si on enseigne au peuple que tous ceux qui naissent ont un droit à être entretenus' par le pays, quel que soit leur nombre, et qu'il n’y a aucun besoin de faire usage de prudence dans ce qui concerne le mariage , pour contenir ce nombre dans de justes limites , ceux à qui l’on aura tenu ce langage céderont inévitablement à des tentations si intimement liées à tous les penchants de la nature humaine , et ils tomberont de plus en plus dans la dépendance de l’assistance paroissiale. Oii ne peut donc être plus inconséquent , plus en contradiction avec soimême, que ne le sont ceux qui soutiennent de telles doctrines, et qui se plaignent du nombre des pauvres. Ces doctrines et une affluence de pauvres sont deux choses inévitablement unies; et aucune révolution, aucun changement de gouvernement, ne peut avoir le pouvoir de les séparer.