CHAPITRE IX. — Ul> SVSTCME COMMERCIAL
l.’n pays qui excelle dans le commerce et les manufactures peut acheter du blé d’un grand nombre de pays divers; et l’on serait peut-
SYSTÈME COMMERCIAL
être porté à supposer qu’en suivant ce système, il pourrait accroître continuellement ses achats et maintenir sa population dans un état rapidement progressif, jusqu'au moment où toutes les terres des nations avec lesquelles il commerce seraient complètement cultivées. Comme ce terme est placé b une grande distance, on pourrait croire que la population d'un pays pareil ne serait arrêtée par la dilliculté de se procurer des vivres, qu'après un laps de plusieurs siècles.
Mais il y a des causes, toujours en activité, qui doivent lui faire éprouver celte difficulté longtemps avant le terme eu question et à une époque où, dans les pays environnants, les moyens d’accroilrc la production de la nourriture sont encore comparativement abondants.
Eu premier lieu, les avantages qui dépendent exclusivement du capital et de l’habileté, ainsi que de la possession de quelques canaux particuliers du commerce, ne peuvent, par leur nature, être permanents. On sait combien il est dillicile de confiner dans un seul lieu les perfectionnements des machines; on sait que c'est l’objet constant, soit des individus, soit des nations, d’accroilre leur capital; on sait enfin, par l’histoire des États commerçants, que les courants commerciaux changent souvent de direction. Il n’est donc pas raisonnable de supposer qu’un pays, quel qu’il soit, par la seule force de son capital et de son habileté, demeurera en possession des marchés, sans aucune interruption de la part des pays étrangers. Mais dès qu'une puissante concurrence étrangère survient, les marchandises exportables du pays en question doivent tomber b des prix qui réduisent essentiellement les profits, et la liaisse des profits ne peut manquer de diminuer les moyens et le désir de l’épargne. Dans ces circonstances, l’accumulation du capital devient lente et la demande du travail se ralentit aussi en proportion, jusqu’à ce qu’enfin elle s’arrête ; tandis que les nouveaux compétiteurs, en produisant eux-mêmes leurs matières brutes ou par tout autre avantage, feront peut-être croître assez rapidement et leurs capitaux et leur population.
Mais, en second lieu, lors même qu’il serait possible d’exclure, pour un temps considérable, toute concurrence étrangère redoutable, on observe que la seule concurrence domestique a presque inévitablement les mêmes effets. Que, dans un certain pays, on invente une machine par laquelle un homme fasse l’ouvrage de dix, ceux qui la possèdent feront sans contredit d’énormes profits. Mais aussitôt que cette invention se répand , on applique b un emploi si profitable tant de bras et de capitaux, que les produits excèdent de beaucoup la demande aux anciens prix, tant étrangère que domestique, Par conséquent, ces- anciens