‹ Essai sur le principe de populationChapitre 20 sur 368 · LIVRE 1. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE 1. — CHAPITRE III

dessus des peuples dont nous venons de parler. Nous connaissons une partie au moins de ces sauvages par la description qu’en a faite un voyageur, qui a résidé longtemps h Port-Jackson et qui rapporte les faits dont il a été témoin oculaire. Le rédacteur du premier voyage de Cook, après avoir fait remarquer combien était petit le nombre des naturels qu’on avait aperçus sur la cote orientale de la Nouvelle-Hollande, et avoir attribué ce défaut de population a la stérilité de cetle terre désolée, ajoute : « I! 'l’est pas très facile de dire comment le nombre des habitants est réduit à ce que le pays peut faire subsister. De nouveaux voyages apprendront peut-être s’ils se détruisent naturellement, comme ceux delà Nouvelle-Zélande, en combattant pour leur nourriture; ou s’ils sont enlevés par la famine; ou si quelque autre cause s’oppose chez eux à la multiplication de l’espece'. »

Ce que M. Collins nous dit de ces sauvages fournit , à ce qu’il me semble, une réponse satisfaisante à ces questions. Ils ne sont, nous dit-il, ni grands ni bien faits. Ils ont les bras et les parties inférieures du corps très minces, ce qu'on attribue au défaut de nourriture. Ceux qui habitent les côtes vivent de poisson, et occasionnellement d’un gros ver, ou larve, qu’ils trouvent dans le gommier nain. Les bois sont si dépourvus d'animaux, et il faut tant de peine pour les atteindre, que ceux qui vivent dans l’intérieur des terres ne jouissent pas de plus d’aisance. Ils passent leur temps à grimper sur les arbres les plus hauts, pour y trouver du miel, ou de petits quadrupèdes, comme l’écureuil volant ou l'opossum. Lorsque le tronc de ces arbres est très élevé et dépouillé de branches, ce qui , dans leurs forêts touffues , est le cas le plus ordinaire, cette espèce de chasse ne se fait pas sans beaucoup de fatigue. Il faut qu’avec leurs haches ou herminctte3 de pierre, ils taillent, pour chaque pied alternativement, une coche ou entaille, en tenant l’arbre fortement embrassé du bras gauche. Or. a vu des arbres ainsi entaillés jusqu’il la hauteur de quatre-vingt pieds: hauteur à laquelle il a fallu que le sauvage affamé soit parvenu avant d'avoir atteint la première branche et d’avoir pu trouver la plus légère récompense de son travail \

Les bois ne fournissent que bien peu de chose, outre ce petit nombre d’animaux: quelques haies, l’igname, la racine de fougère, les fleurs des différentes espèces de banksia , sont les seuls végétaux à leur portée \

' Cook, premier voyage , t. III, p. 24Ü, aiujf .

’ Collins, Description tir la SowellC’Galte méridionale. Appendice. I*. S4Q , in-4", angl. — * Ibid., p. 8S7.

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